L’amaryllis déteste les extrêmes. Presque pas d’eau au rempotage, un arrosage mesuré pendant la floraison, un robinet plus généreux quand les feuilles prennent le relais, puis un arrêt complet en fin d’été. Ce rythme en quatre temps imite l’alternance de saison humide et de saison sèche de l’Amérique du Sud, d’où est originaire ce bulbe. Le suivre, c’est la différence entre une plante jetée en janvier et un bulbe qui refleurit chaque hiver.
La première erreur, de loin, reste l’excès d’eau.
- Au rempotage, un seul arrosage suffit, puis on attend l’apparition de la hampe florale.
- Pendant la floraison, on arrose quand les 2 à 3 cm de terreau du dessus sont secs.
- Le repos dure 8 à 10 semaines, sans eau, entre 10 et 15 °C.
Au rempotage : un seul arrosage, puis l’attente
Début octobre, les bulbes arrivent en jardinerie, et c’est le bon moment pour les planter si l’on vise des fleurs autour de Noël. On les installe dans un pot à peine plus large qu’eux, avec 2 à 3 cm de marge, le tiers supérieur du bulbe restant à l’air libre. Après un premier arrosage léger à l’eau tiède, on n’y touche plus. Il faut patienter jusqu’à ce que la hampe florale atteigne 5 à 10 cm, ce qui prend de trois à six semaines selon la chaleur de la pièce.
À ce stade, les racines sont à peine réveillées et ne boivent presque rien. Un terreau détrempé reste mouillé pendant des jours, et c’est là que s’installent les champignons qui font pourrir la base du bulbe.
Le pot doit avoir des trous, sans exception, et un lit de billes d’argile ou de graviers au fond ne nuit pas. Un terreau d’intérieur allégé de sable ou de perlite draine mieux qu’un terreau seul. Un cache-pot sans écoulement, lui, transforme le fond en marécage dès le deuxième arrosage.
Les bulbes vendus enrobés de cire colorée forment un cas à part : leurs réserves suffisent à les faire fleurir sans une goutte d’eau, posés sur une étagère. Ils s’épuisent toutefois à cette performance, et la plupart ne refleurissent pas après.
Pendant la floraison : le test du doigt
Dès que la hampe grandit, les feuilles apparaissent et la plante consomme davantage. Le test du doigt reste la méthode la plus fiable : on l’enfonce dans le terreau, et quand les 2 à 3 cm du dessus sont secs, on arrose. Dans une pièce à 18-20 °C, cela revient à un arrosage par semaine environ, un peu plus si le radiateur tourne fort. On verse au bord du pot, en évitant le collet du bulbe, là où l’eau stagnante déclenche des taches brunes.
Vingt minutes plus tard, on vide la soucoupe.
Une hampe de 50 à 60 cm, chargée de quatre grosses fleurs, finit par pencher vers la fenêtre. Un quart de tour du pot tous les deux jours la garde droite, et un tuteur discret fait le reste. Dans une pièce à 16-18 °C plutôt qu’au-dessus d’un radiateur, la floraison tient souvent trois semaines, voire davantage, avec un besoin en eau plus faible.
L’eau du robinet convient, à condition de la laisser reposer une nuit pour qu’elle soit à température ambiante. Une eau glacée choque les racines et ralentit la croissance. En région calcaire, l’eau de pluie récupérée évite les dépôts blancs sur le terreau et sur les feuilles. Un arrosoir à long bec, de ceux qu’on utilise pour les plantes d’intérieur, permet de viser le bord du pot sans mouiller le bulbe.
L’amaryllis se cultive aussi sur l’eau, dans un vase à col évasé ou sur des billes de verre. Le niveau doit rester 1 cm sous la base du bulbe, de sorte que seules les racines trempent, et l’eau se renouvelle toutes les deux semaines environ.
Après les fleurs : nourrir le bulbe par les feuilles
Quand les fleurs fanent, on coupe la hampe près du bulbe, mais on garde les feuilles. Elles fabriquent, tout au long de l’été, les réserves de la floraison suivante. L’arrosage redevient régulier, dès que le terreau sèche en surface, accompagné d’un engrais riche en potasse (le même que pour les tomates) tous les 15 jours. À partir de la mi-mai, une fois les gelées passées, le pot peut sortir à mi-ombre sur la terrasse, où la pluie fait une partie du travail.
En juillet, un pot en plein air peut réclamer de l’eau tous les jours.
Le repos : couper l’eau en fin d’été
Fin août ou début septembre, on espace les arrosages puis on les supprime. Le pot gagne un endroit frais et sombre, cave ou garage hors gel, entre 10 et 15 °C, pour 8 à 10 semaines. Les feuilles jaunissent et se flétrissent, et on ne les coupe qu’une fois complètement sèches.
Dès qu’une pointe verte perce le haut du bulbe, on le sort, on remplace les premiers centimètres de terreau et on redonne un arrosage léger. Un bulbe mis au repos fin août fleurit généralement entre Noël et janvier.
Le bulbe signale ses problèmes avant de mourir. Des feuilles jaunes en pleine croissance, un bulbe mou sous le pouce ou une odeur de moisi indiquent un excès d’eau : on dépote, on retire les écailles molles, puis on laisse sécher quelques jours avant de replanter dans un terreau neuf. Des feuilles flasques sur un terreau poudreux racontent l’inverse, et un arrosage copieux les redresse en un jour ou deux. Les taches rouges sur le bulbe ou la hampe relèvent d’un champignon, la brûlure rouge, que l’humidité stagnante favorise.
Dernier point souvent ignoré : le bulbe d’amaryllis contient de la lycorine, un alcaloïde toxique pour les chats et les chiens. Mieux vaut placer le pot hors de portée des animaux et se laver les mains après le rempotage. Bien suivi, un même bulbe peut fleurir pendant plus de ving