Pour un massif bleu qui revient chaque année, cinq vivaces font le travail sans caprice : la népéta, la boule azurée, le géranium vivace ‘Rozanne’, l’iris de Sibérie et le pied-d’alouette. Elles couvrent la saison de mai à octobre, du plein soleil à la mi-ombre.
- Cinq vivaces couvrent la saison de mai à octobre, du plein soleil à la mi-ombre.
- Environ 10 % des plantes à fleurs affichent une couleur bleue.
- Le géranium ‘Rozanne’ fleurit de juin jusqu’aux premières gelées, près de cinq mois.
Le bleu, une couleur qui se mérite
Le bleu pur est une rareté dans le monde végétal.
Selon les estimations souvent avancées, environ 10 % des plantes à fleurs seulement affichent cette couleur. Elle naît rarement d’un pigment bleu à proprement parler : ce sont des anthocyanines dont la teinte varie selon l’acidité de la sève et la présence de certains ions métalliques. Le rosier, lui, ne possède pas la delphinidine, le pigment de départ, ce qui explique qu’aucune sélection classique n’ait produit de rose franchement bleue.
Cette rareté a une conséquence au jardin. En plein midi, un bleu soutenu paraît terne, presque avalé par la lumière, alors qu’au crépuscule l’effet Purkinje inverse la tendance et fait paraître les bleus plus lumineux que les rouges. Les abeilles perçoivent très bien cette couleur, d’où les bourdonnements permanents autour des népétas et des échinops. Planter les bleus près d’une terrasse où l’on dîne le soir permet de profiter de cet effet d’optique.
Soleil et sol drainé : népéta, boule azurée, agapanthe
La népéta (Nepeta × faassenii) forme des coussins de 40 à 60 cm couverts de fleurs bleu lavande de mai à septembre. Une coupe à environ la moitié de la hauteur après la première vague de floraison relance la production jusqu’à l’automne.
La boule azurée (Echinops ritro) s’élève à un mètre environ et porte en juillet-août des capitules sphériques d’un bleu métallique, presque acier. Elle préfère les sols pauvres et caillouteux, et supporte la sécheresse une fois bien installée. Ses capitules séchés se conservent des mois en bouquet.
L’agapanthe demande davantage de précautions.
Les hybrides à feuillage caduc, comme ceux de type Headbourne, résistent à des gelées de l’ordre de -10 à -15 °C dans un sol bien drainé. Leurs hampes de 80 cm à 1 m s’ouvrent de juillet à septembre en grosses ombelles bleu profond. En pot, elles craignent le gel car la motte gèle entièrement : on les rentre hors gel ou on paille épais dès novembre. Elles fleurissent d’ailleurs mieux à l’étroit, un contenant un peu juste favorisant la formation des hampes.
Sol frais et mi-ombre : pied-d’alouette, iris, géranium, brunnera
Le pied-d’alouette (Delphinium) domine juin et juillet, avec des hampes de 1,20 à 1,80 m selon les variétés. Il réclame un sol riche et frais, ainsi qu’un tuteurage dès le printemps, faute de quoi le vent couche les tiges. Coupées à 10 ou 15 cm du sol après la floraison, elles repartent et offrent souvent une seconde floraison en septembre.
L’iris de Sibérie (Iris sibirica) fleurit en mai-juin et tolère les sols frais, voire humides, en bordure de mare par exemple. Son feuillage graminéen reste dressé tout l’été. Une touffe se divise à la fin de l’été, tous les quatre ou cinq ans.
Le géranium ‘Rozanne’ détient un record de longévité florale.
Trouvé en 1989 dans un jardin du Somerset, en Angleterre, par Donald Waterer, et baptisé du prénom de son épouse, ce géranium aux fleurs bleu-violet fleurit de juin jusqu’aux premières gelées, soit près de cinq mois. Il forme peu de graines, ce qui explique en grande partie cette endurance. Il s’étale sur 60 à 90 cm, pousse au soleil comme à mi-ombre et se rabat à ras en fin de saison.
À l’ombre, le brunnera (Brunnera macrophylla), surnommé myosotis du Caucase, déploie en avril-mai des nuées de petites fleurs bleu ciel au-dessus de feuilles en forme de cœur. Il aime les sols riches en humus, type sous-bois, mais ses feuilles roussissent dès que la terre sèche en été.
Associations et entretien
Le bleu gagne à être accompagné. Associé au jaune pâle d’une achillée, il s’adoucit ; face à l’orange des hémérocalles ou des crocosmias, couleur complémentaire, il vibre. Avec des rosiers anciens, la népéta plantée au pied fait aussi écran aux tiges dégarnies du bas.
L’entretien tient en trois dates.
En mars, on étale 2 à 3 cm de compost mûr au pied des touffes et on tuteure les pieds-d’alouette. En juillet, on coupe les népétas et les delphiniums défleuris pour provoquer la remontée. En fin d’hiver seulement, on rabat les échinops, car leurs graines nourrissent les chardonnerets pendant la mauvaise saison.
Dernier point avant l’achat : le mot « bleu » sur une étiquette recouvre des nuances allant du lavande au violet franc, et la photo ne rend pas toujours la teinte. Les pieds-d’alouette et les agapanthes donnent les bleus les plus francs, alors que la népéta et le géranium ‘Rozanne’ tirent vers le lavande et le violet.