Ne coupez pas vos hortensias fanées à l’automne. Sur la plupart des variétés de jardin, la tête séchée sert de bonnet aux bourgeons de l’an prochain, et le sécateur peut attendre la fin de l’hiver, entre février et mars. Quelques espèces échappent à cette règle, et la confusion entre les deux familles explique la majorité des floraisons ratées.
Un hortensia taillé trop tôt peut rester sans fleur toute une saison.
- Sur la plupart des hortensias de jardin, la tête séchée protège les bourgeons de l’année suivante.
- Les macrophylla et serrata se taillent entre fin février et fin mars, jamais à l’automne.
- Les paniculés et arborescens fleurissent sur les pousses de l’année et tolèrent une taille franche en fin d’hiver.
Tout dépend du bois qui porte les fleurs
Le genre Hydrangea compte plus de soixante espèces, mais deux comportements se partagent les jardins. Chez Hydrangea macrophylla, l’hortensia classique à boules bleues, roses ou blanches, comme chez Hydrangea serrata, les boutons floraux se forment dès la fin de l’été, au bout des tiges de l’année. Ils traversent l’hiver sous la tête sèche, mieux protégés du gel. Coupez en novembre et vous les exposez ; coupez trop bas en mars et vous les supprimez.
Les hortensias paniculés (Hydrangea paniculata, dont la variété ‘Limelight’) et les Hydrangea arborescens, comme ‘Annabelle’, fonctionnent à l’inverse : ils fleurissent sur les pousses de l’année. On peut les tailler franchement en fin d’hiver sans rien sacrifier de la floraison estivale.
Les variétés dites remontantes, des macrophylla sélectionnés pour refleurir, portent des fleurs à la fois sur le vieux bois et sur les pousses de l’année. Elles pardonnent donc mieux une taille approximative. Leur seconde floraison, plus discrète, s’étire souvent d’août jusqu’aux premières gelées.
L’hortensia grimpant, Hydrangea petiolaris, ne demande presque jamais de sécateur.
Tailler au bon moment, avec le bon geste
Pour les macrophylla et les serrata, attendez que les gelées sévères s’éloignent, soit entre fin février et fin mars selon la région (plus tard en montagne ou dans le Nord-Est). Repérez la première paire de gros bourgeons verts sous la fleur fanée et coupez environ un centimètre au-dessus. Retirez aussi le bois mort, reconnaissable à son écorce grise et à l’absence de bourgeons gonflés. Tous les trois ou quatre ans, supprimez à la base une ou deux des plus vieilles tiges pour renouveler la touffe.
Les bourgeons à fleurs sont gros et arrondis, les bourgeons à feuilles plus fins.
Les paniculés se taillent plus court, à deux ou trois paires de bourgeons au-dessus de la charpente, ce qui évite que les tiges ploient sous les panicules après la pluie. Les arborescens se rabattent à une vingtaine de centimètres du sol, et repartent avec vigueur.
Un sécateur bien affûté, désinfecté à l’alcool à 70°, limite la transmission des maladies d’un arbuste à l’autre. Sur les remontants, retirer les fleurs fanées en été, juste au-dessus de la première paire de feuilles, encourage une nouvelle floraison. Faites-le au plus tard début août, sinon les nouveaux boutons n’auront pas le temps de mûrir.
Donner une seconde vie aux têtes séchées
Ce que l’on prend pour des pétales sont des sépales, des pièces stériles qui se parcheminent à l’automne. C’est ce qui rend les têtes d’hortensia si faciles à conserver. Cueillies en septembre ou octobre,