Un été entier sous un bac de géraniums bien arrosé, et la terrasse en bois prend silencieusement ce qui ressemble à un coup de vieux fatal. Sous le pot, hors de vue et hors d’esprit, les conditions réunies sont presque parfaites : humidité permanente, obscurité totale, absence de vent. Un terrain de jeu idéal pour les moisissures, les champignons et la pourriture du bois. Ce que l’on découvre en soulevant la jardinière à la fin de la saison peut franchement surprendre.
À retenir
- Une simple jardinière mouillée peut transformer votre terrasse en nid de moisissures et de champignons en quelques mois
- L’eau piégée sous les pots crée les conditions parfaites pour la pourriture du bois, même traité
- Quelques centimètres d’écart suffisent à faire la différence entre une terrasse durable et une ruine coûteuse
Ce qui se passe vraiment sous un pot posé à plat sur le bois
De nombreux jardiniers choisissent de placer des jardinières et d’autres éléments décoratifs sur leur terrasse. Posées directement sur le bois, elles risquent de retenir l’humidité en dessous. La moisissure peut alors se développer et ruiner l’apparence, voire l’intégrité de certaines sections de la terrasse. Ce n’est pas une mise en garde abstraite : c’est une dégradation lente, invisible, qui s’accélère entre juin et septembre quand les arrosages sont quotidiens.
Le mécanisme est simple. Chaque arrosage dépose de l’eau excédentaire qui s’écoule par les trous de drainage du pot, puis reste piégée entre la base du bac et les lames. Les endroits humides et sombres peuvent favoriser l’apparition de moisissures et de champignons dans le bois. Les moisissures se développent dans les zones humides, en particulier celles qui ne reçoivent pas beaucoup de lumière du soleil. Les zones moisies finissent par devenir molles et spongieuses. Ce qui ressemble d’abord à une vilaine tache brune ou verte peut se transformer en une véritable pagaille, attirant les insectes et provoquant la dégradation et la pourriture du bois.
Il est fréquent que les moisissures apparaissent d’abord en périphérie ou en dessous de pots de fleurs, d’objets décoratifs ou de tapis extérieurs non perméables. la terrasse peut paraître impeccable dans ses zones dégagées, et présenter des dégâts sérieux exactement là où les jardinières camouflaient tout. Un paradoxe décoratif redoutable.
La règle d’or : ne jamais poser un pot directement sur les planches
Pour les isoler d’un sol humide, il est recommandé de faire reposer les bacs en bois sur des cales, sauf s’ils sont munis de pieds. Ce conseil vaut autant pour les bacs en bois que pour les pots en terre cuite, en plastique ou en résine. Le matériau du contenant ne change rien à l’affaire : c’est l’espace entre le fond du pot et la planche qui fait toute la différence.
Pour protéger la terrasse, posez toujours les jardinières et les pots sur quelque chose de sorte qu’il y ait un espace entre elles et la terrasse. Ne posez jamais un pot directement sur le sol. Utilisez des cales ou des pieds de pot. Ça coûte trois fois rien et ça crée un espace vital pour que l’air circule et que l’eau s’écoule. Quelques centimètres suffisent. Pieds en plastique vissés sous le bac, cales en bois traité, supports à roulettes ou caillebotis : les solutions ne manquent pas, et aucune n’est compliquée à mettre en place.
Même si le bois utilisé est de classe 4, le contact permanent entre le bois et l’eau est préjudiciable. Au mieux, votre bois grise rapidement ; au pire, il va se gorger d’eau et pourrir. La classe 4 est la référence pour les bois destinés à un contact prolongé avec l’humidité, comme les pilotis ou les poteaux enterrés. Même ces essences résistantes souffrent d’une exposition continue et statique à l’eau stagnante sous un bac.
Réparer les dégâts déjà installés
Les signes à identifier sont des taches noires, vertes ou grises, plus ou moins étendues selon l’humidité ambiante, un aspect gras, glissant ou farineux, perceptible au toucher ou à la marche, des zones ternes ou décolorées, parfois accompagnées d’un assombrissement du bois. Quand ces symptômes apparaissent, mieux vaut agir vite plutôt que d’attendre la prochaine inspection de fin d’été.
Au-delà de l’aspect esthétique, ces moisissures peuvent rendre le platelage glissant, accélérer le vieillissement du bois et nuire à la sécurité des usagers. Une terrasse glissante mouillée, c’est une chute qui ne prévient pas. La question n’est donc pas uniquement esthétique. Sur les zones touchées, un nettoyage mécanique à la brosse dure suivi d’un traitement fongicide adapté au bois extérieur permet de stopper la progression. Renouveler tous les un à deux ans un saturateur, une huile ou un traitement hydrofuge adapté à l’essence du bois constitue ensuite le meilleur rempart contre la récidive.
Du bois qui s’enfonce légèrement sous le pied est un début de pourrissement ; des fissures profondes indiquent que de l’eau s’est infiltrée dans les fibres du bois ; des fixations qui bougent ou des vis qui remontent signalent que la structure est fragilisée. Examinez les lames une à une. Si certaines sont trop abîmées, mieux vaut les remplacer rapidement pour éviter que le problème ne se propage à la lambourde, en dessous. La lambourde, c’est la pièce maîtresse de la structure : quand elle est touchée, le coût de réparation s’envole.
Prévenir plutôt que déplacer le problème
Les pots de fleurs peuvent créer des traces avec l’humidité retenue à leurs pieds. Rangez-les plutôt en dehors de votre terrasse en bois, à l’abri du vent pendant la période hivernale. Mais ce conseil ne s’applique pas qu’en hiver : évitez de poser les pots de fleurs directement sur la terrasse, et utilisez des supports à roulettes ou des cales pour laisser circuler l’air.
Éviter les tapis, bacs à fleurs sans support ou objets laissant l’humidité s’accumuler fait partie des règles de base pour préserver un platelage. L’autre levier, souvent négligé, concerne la terrasse elle-même. Une pente légère de 1 à 2 % favorise l’écoulement de l’eau et empêche l’eau de stationner entre les lames, quelle qu’en soit la cause. Votre terrasse doit sécher rapidement après une pluie pour éviter les risques de pourriture. Procédez à un test : arrosez-la légèrement et observez. Si l’eau s’écoule, tout va bien ; si elle stagne en flaque, il y a un problème.
Une rotation des emplacements de bacs tout au long de la saison est aussi une habitude à prendre : en déplaçant les pots toutes les six à huit semaines, on laisse le bois sécher et s’aérer. Un réflexe simple, quasi gratuit, qui évite que la beauté de la terrasse ne se retourne contre elle. Et si l’on veut aller plus loin, des caillebotis amovibles posés sous les zones de potées permettent de répartir l’impact sur plusieurs lames à la fois, tout en facilitant le nettoyage entre les planches là où l’eau et les débris s’accumulent en premier.
Sources : anpaa-bretagne.fr | archzine.fr