Le pétunia n’est pas une vivace, et pourtant on peut le faire passer l’hiver. Trois méthodes existent : rentrer le pot entier à l’abri, rabattre les tiges avant de le mettre au repos, ou prélever des boutures en septembre-octobre. Les trois ne se valent pas, et la plus fiable n’est pas celle que l’on croit.
Dans la nature, Petunia est originaire d’Amérique du Sud, où il vit comme plante pérenne sous climat doux. Chez nous, il est cultivé en annuelle parce qu’il ne supporte pas le gel : dès que le thermomètre descend vers 0 °C, les tiges noircissent et la plante meurt.
- Rentrer le pot entier demande un lieu frais et lumineux, entre 5 et 12 °C.
- Rabattre les tiges d’un tiers avant le repos limite les moisissures et les parasites.
- Bouturer entre fin août et début octobre donne la méthode la plus fiable.
Rentrer le pot entier : simple, mais exigeant
C’est la méthode qui tente le plus de monde, car elle ne demande presque aucun geste technique. On déplace la jardinière avant les premières gelées, généralement en octobre dans la moitié nord de la France, un peu plus tard près de la Méditerranée.
Le piège, c’est le salon. Une pièce chauffée à 20 °C, avec un air sec et peu de lumière, donne des tiges étiolées, des feuilles collantes et une invasion de pucerons en quelques semaines.
L’endroit idéal est frais et lumineux : véranda hors gel, garage vitré, cage d’escalier claire, avec une température comprise entre 5 et 12 °C.
Les arrosages se réduisent à presque rien. Une fois toutes les deux ou trois semaines suffit, juste de quoi éviter que la motte ne se dessèche complètement, car un substrat détrempé en pleine période de repos provoque la pourriture du collet.
Seuls les pétunias en bonne santé méritent cette place. Les pieds déjà fatigués, couverts de fleurs fanées et de feuilles jaunies, ne feront que transporter leurs maladies à l’intérieur.
Rabattre avant le repos : le bon compromis
Rabattre, c’est le geste qui change tout pour la réussite de la méthode précédente. Avant de rentrer le pot, on coupe les tiges à environ un tiers de leur longueur, soit 10 à 15 cm au-dessus de la terre, en conservant quelques feuilles vertes sur chaque rameau.
On retire aussi les fleurs, les boutons et les feuilles abîmées. Moins de masse végétale, c’est moins d’eau à évaporer et moins de prise pour les moisissures comme le botrytis, qui adore les ambiances confinées.
Un coup d’œil sous les feuilles s’impose avant l’entrée en quarantaine. Pucerons, aleurodes (les petites mouches blanches) et acariens se cachent à cet endroit, et une pulvérisation de savon noir dilué à 2 ou 3 % les élimine avant qu’ils ne se multiplient.
Au printemps, vers mars, on rempote dans un terreau neuf, on arrose davantage et on rapproche le pot de la lumière. De nouvelles pousses démarrent en deux à trois semaines, et la floraison reprend en mai.
Cette méthode fonctionne surtout avec les pétunias retombants et les variétés à port étalé vendues comme vigoureuses.
Bouturer : la méthode qui marche vraiment
Si l’on cherche la fiabilité, c’est la bouture qui gagne. Un seul pied adulte, volumineux et encombrant, peut donner une dizaine de jeunes plants qui tiennent sur le rebord d’une fenêtre.
Le bon moment se situe de fin août à début octobre, avant que la plante ne s’épuise. On prélève des tiges non fleuries de 5 à 8 cm, en coupant juste sous un nœud, puis on retire les feuilles du bas pour ne garder que deux ou trois paires au sommet.
Ces boutures s’enracinent dans un mélange léger, moitié terreau, moitié sable ou perlite. Un trempage de la base dans une hormone de bouturage accélère les choses, sans être obligatoire.
Le pot se place sous une mini-serre ou un sac plastique transparent, à 18-20 °C, près d’une fenêtre lumineuse mais à l’abri du soleil direct.
Les racines apparaissent en deux à trois semaines.
Une fois les boutures bien enracinées, on les repique dans de petits godets individuels et on les place dans un endroit frais, vers 10-15 °C, avec un maximum de lumière. On pince les extrémités pour obtenir des plants ramifiés, et on arrose avec parcimonie.
La version hivernale la plus efficace consiste à bouturer et à garder la plante mère seulement pour sécuriser. Si les boutures échouent, il reste le pied rabattu.
Quelles variétés s’y prêtent, et laquelle abandonner
Tous les pétunias ne réagissent pas de la même façon. Les variétés retombantes et les hybrides à grandes fleurs vendus en godets se conservent bien, alors que les hybrides les plus récents, très sélectionnés, donnent parfois des boutures lentes.
Attention aussi aux pieds issus de semis de variétés F1 : les graines récoltées ne donnent pas des plantes identiques à leur parent. La bouture, elle, produit un clone exact, avec la même couleur et le même port.
Certains jardiniers passent par le semis en février-mars, ce qui coûte moins cher qu’un hivernage compliqué. Pour une simple jardinière de balcon, c’est un choix défendable, mais on perd la variété que l’on aimait.
Avant de se lancer, un bon réflexe consiste à compter ce que l’on peut vraiment accueillir : une fenêtre claire accepte facilement 10 à 15 godets de boutures, quand une seule grande jardinière rabattue occupe déjà un mètre de rebord.
Au final, le pétunia hiverné demande peu d’efforts, mais une bonne logistique. Pour la plupart des balcons, quelques boutures prélevées avant octobre, plus un pied rabattu en secours, donnent le meilleur rapport entre place, temps et chances de fleurir de nouveau dès mai.
Sources : rustica.fr | aujardin.info | fr-fr.bakker.com