Chrysanthème en pot après la Toussaint : le replanter, le tailler et le faire refleurir

Le chrysanthème acheté en pot pour la Toussaint n’est pas condamné à finir à la poubelle fin novembre. Dans la plupart des cas, il s’agit d’un chrysanthème des fleuristes (Chrysanthemum × morifolium), cultivé en serre sous éclairage contrôlé pour fleurir à date fixe, mais dont la souche reste vivace et rustique jusqu’à environ -10 °C si le sol est drainé. Replantée au jardin, la plante peut repartir au printemps et refleurir dès l’automne suivant.

Le hic, c’est que le pot vendu en octobre a été conçu pour un seul usage : faire un effet maximal pendant quatre à six semaines.

À retenir
  • La souche reste vivace jusqu’à environ -10 °C si le sol est drainé.
  • Replantez juste après la floraison, de novembre à mi-décembre dans les régions douces.
  • Pincez les tiges jusqu’à fin juin pour obtenir une plante ramifiée et florifère.

Replanter sans attendre que la fleur soit fanée

Le bon moment pour installer le chrysanthème en pleine terre se situe juste après la floraison, de novembre à mi-décembre dans les régions aux hivers doux. Dans le Nord et l’Est, où les gels profonds arrivent plus tôt, mieux vaut attendre mars-avril et garder le pot à l’abri, dans un garage lumineux ou sous un châssis froid. Arroser très peu durant ce séjour : la motte doit rester à peine fraîche.

Le chrysanthème déteste l’eau stagnante en hiver, bien plus que le froid. Choisissez un emplacement ensoleillé, au pied d’un mur exposé au sud ou à l’ouest si possible, et ameublissez la terre sur 30 cm de profondeur. En sol argileux, mélangez du sable grossier ou des graviers fins au fond du trou, sans quoi les racines pourrissent avant le printemps.

Avant de planter, détachez délicatement la motte du pot et démêlez le chignon de racines à la main, car elles tournent souvent en cercle après des semaines de culture confinée. Enterrez la plante à la même hauteur qu’elle l’était dans son pot, puis arrosez une fois, copieusement, pour tasser la terre autour des racines.

Un paillage de 5 cm de feuilles mortes ou de paille protège le collet du gel.

Tailler en deux temps : l’automne, puis le printemps

La première taille se fait quand les fleurs sont complètement passées, généralement au moment de la plantation. Coupez toutes les tiges à 10 ou 15 cm du sol, juste au-dessus d’un jeune rejet basal si vous en repérez un. Les tiges laissées plus hautes retiennent l’humidité et favorisent le botrytis, ce champignon gris qui gâche tant de souches pendant l’hiver.

Le chrysanthème en pot est aussi traité en usine avec des produits retardateurs de croissance, qui rendent la plante compacte et dense. Leur effet s’estompe en quelques mois, et c’est pour cela que la plante change de silhouette l’année suivante : elle devient plus haute, plus aérée, parfois jusqu’à 80 cm à 1 m.

Au printemps, dès avril, de nouvelles pousses jaillissent de la base. C’est le signal pour passer à la seconde étape, et elle conditionne la floraison à venir.

Pincez les extrémités des tiges quand elles atteignent 15 à 20 cm, en retirant le bourgeon terminal avec les ongles ou un sécateur propre. Chaque tige se ramifie alors en deux ou trois branches. Répétez l’opération une à deux fois, jusqu’à fin juin, pas plus tard : au-delà, vous supprimez les futurs boutons floraux, qui se forment au cours de l’été.

Faire refleurir : jour court, engrais et division

Le chrysanthème est une plante de jours courts. Il déclenche ses boutons quand la nuit dépasse environ 11 à 12 heures, c’est-à-dire à partir de septembre sous nos latitudes. Les producteurs trichent en occultant les serres avec des bâches noires, mais au jardin, la nature règle le calendrier seule, ce qui explique une floraison en octobre-novembre.

Un point souvent ignoré : l’éclairage nocturne perturbe ce mécanisme. Un chrysanthème planté sous un lampadaire ou près d’une lumière extérieure allumée toute la nuit peut retarder, voire ne jamais fleurir. Déplacez-le si c’est le cas.

Côté nutrition, un apport d’engrais organique riche en potasse (purin de consoude dilué à 10 %, ou engrais pour tomates) toutes les trois semaines de juin à début septembre soutient la formation des boutons. L’azote en excès, lui, fabrique du feuillage au détriment des fleurs. Arrosez régulièrement en été, au pied et sans mouiller les feuilles, car l’oïdium et la rouille blanche profitent de l’humidité sur le feuillage.

Tous les deux ou trois ans, la touffe s’épuise au centre. Au printemps, déterrez-la, séparez les éclats périphériques bien enracinés et replantez-les à 40 cm les uns des autres. Cette division renouvelle la vigueur et donne gratuitement de nouveaux plants.

Les pièges qui font échouer la deuxième saison

Première cause d’échec : le sol lourd en hiver. Une souche qui pourrit au collet pendant les pluies de janvier ne repart pas, quelle que soit la taille pratiquée. En terre argileuse, la culture en grand pot de 30 à 40 cm de diamètre, remplie d’un mélange de terreau et de sable, donne de meilleurs résultats qu’une plantation directe.

Deuxième piège, plus discret : certaines variétés commercialisées à la Toussaint, notamment les types à grosses fleurs ou les formes très doubles, sont moins rustiques que les chrysanthèmes de jardin. Elles survivent en climat doux (Bretagne, façade atlantique, pourtour méditerranéen) mais gèlent facilement en climat continental. Si vous habitez en zone froide, un voile d’hivernage posé sur la souche dès -5 °C limite les dégâts.

Même bien menée, la culture réserve des surprises : la floraison de la deuxième année est parfois plus tardive, en novembre, et les fleurs plus petites que celles du pot d’origine. Les pucerons, eux, s’installent dès le printemps sur les jeunes pousses, et un jet d’eau ou une pulvérisation de savon noir dilué suffit généralement à les déloger.

Pour un résultat plus fiable, certains jardiniers prélèvent aussi des boutures de tiges de 8 cm en avril ou mai, plantées dans un mélange sableux, qui s’enracinent en trois semaines environ. C’est une assurance si la souche mère ne passe pas l’hiver, et le meilleur moyen de garnir une jardinière entière pour la prochaine Toussaint.

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