Une amaryllis qui produit des feuilles à la chaîne mais refuse de fleurir manque presque toujours de la même chose : une vraie période de repos, suivie d’un bulbe assez gros et assez nourri pour monter une hampe. Le cas est courant dans les maisons où le bulbe, acheté en fleurs à Noël, a été arrosé et laissé au salon toute l’année comme une plante verte.
- Le bulbe a besoin d’un repos de huit à douze semaines pour former ses fleurs.
- Un engrais trop azoté favorise le feuillage au détriment de la floraison.
- Un bulbe de moins de 20 centimètres de circonférence fleurit rarement.
Un bulbe qui ne s’est jamais reposé
L’amaryllis (Hippeastrum, à ne pas confondre avec Amaryllis belladonna, la belle-d’août) vient d’Amérique du Sud, où les saisons sèches rythment sa vie. Elle y alterne croissance et dormance. Dans nos intérieurs chauffés, elle n’a aucune raison de s’arrêter, alors elle enchaîne les feuilles.
Or c’est pendant le repos que le bulbe forme l’ébauche de ses futures fleurs. Sans cette pause, la hampe n’a pas le signal pour se développer.
Le repos dure en général de huit à douze semaines.
Il se prépare dès la fin de l’été : on espace les arrosages, on cesse tout engrais, et on laisse le feuillage jaunir naturellement vers septembre ou octobre. On coupe alors les feuilles à quelques centimètres du bulbe, puis on range le pot dans un endroit sec, sombre et frais, autour de 10 à 15 °C. Une cave saine, un garage hors gel ou le bas d’un placard peu chauffé conviennent très bien. Certains jardiniers retournent simplement le pot sur le côté pour s’assurer qu’aucune goutte ne vient tromper la plante.
Trop de feuilles, pas assez de réserves
Les feuilles servent d’usine à sucres. Pendant la belle saison, elles chargent le bulbe en énergie, et c’est cette réserve qui paiera la floraison suivante. Un feuillage rogné trop tôt, ou une plante laissée à l’ombre, aboutit à un bulbe affamé.
Après la floraison, la bonne méthode consiste donc à couper la hampe fanée au ras du bulbe, mais à conserver tout le feuillage. De mai à septembre, on place la plante à la lumière, voire dehors à mi-ombre une fois les gelées passées, et on l’arrose régulièrement. Un engrais riche en potasse, de type tomates ou plantes à fleurs, est apporté toutes les deux à trois semaines. Un engrais trop azoté, au contraire, pousse le feuillage au détriment de la fleur, ce qui est une cause fréquente du problème.
La taille du bulbe compte aussi.
Un bulbe de moins de 20 centimètres de circonférence a rarement les moyens de fleurir, et les petits bulbes vendus en kit à bas prix en font partie. Un bon sujet de floraison mesure souvent 26 à 30 centimètres, parfois davantage pour les variétés à grandes fleurs. Si le vôtre est petit, une à deux saisons de culture soignée peuvent suffire à le faire grossir, à condition de le laisser tranquille.
Les erreurs de rempotage et d’arrosage
L’amaryllis aime être à l’étroit. Un pot trop grand pousse le bulbe à produire racines et feuilles pour occuper l’espace, au lieu de fleurir. Il suffit de deux à trois centimètres d’écart entre le bulbe et la paroi du pot.
L’enterrement compte également : le tiers supérieur du bulbe doit rester à l’air libre. Un bulbe enfoui entièrement s’expose à la pourriture, surtout si le substrat reste humide, et l’excès d’eau reste la première cause de mortalité de la plante. Un terreau drainant, mêlé d’un peu de sable ou de perlite, et un pot percé sont indispensables. Le rempotage ne s’impose que tous les trois ou quatre ans, juste avant la reprise de végétation.
Dernier point, la température. Pour relancer la plante après le repos, on rapporte le pot à la lumière, autour de 20 °C, et on arrose d’abord très peu. Une hampe apparaît en général trois à huit semaines plus tard, parfois avant les premières feuilles. Une fois qu’elle pointe, on arrose davantage, et on tourne le pot d’un quart de tour de temps en temps pour qu’elle pousse droite.
Le calendrier à suivre pour une floraison en hiver
Pour fleurir à Noël, il faut viser un repos qui démarre en septembre et un réveil début novembre. Pour une floraison en février ou mars, on décale simplement de deux mois. C’est ce qui explique que certains bulbes fleurissent en plein hiver, d’autres au printemps : la plante suit le calendrier que vous lui imposez, pas celui du jardin.
Si aucune hampe n’apparaît après ce cycle complet, il faut sortir le bulbe du pot et l’examiner. Un bulbe ferme, lourd et à peau saine est en bonne santé, alors qu’un bulbe mou, taché ou à l’odeur aigre est condamné. Les racines charnues, blanches ou beiges, sont à ménager lors du rempotage.
Certaines variétés peuvent aussi rester capricieuses une saison sur deux, après une floraison particulièrement généreuse qui a vidé leurs réserves.
Un dernier détail rassure : un bulbe d’amaryllis bien soigné peut fleurir pendant plus de vingt ans, et certains exemplaires de collectionneurs dépassent cet âge sans faiblir.