Tout le monde arrose son chrysanthème de la Toussaint par le dessus : chez les horticulteurs, c’est la première chose qu’on évite

Arroser un chrysanthème « en pluie », c’est lui mouiller tout le feuillage, et c’est ce que les sources techniques déconseillent. l’humidité sur les feuilles favorise l’oïdium et la rouille, deux maladies qui abîment la plante avant même le 1er novembre. Le bon geste tient en trois mots : au pied, le matin.

À retenir
  • L’eau sur le feuillage favorise l’oïdium et la rouille, deux maladies fongiques qui abîment la plante.
  • L’arrosage doit se faire au pied, le matin, 2 à 3 fois par semaine en pot sans humidifier les feuilles.
  • Un seul arrosage copieux de 1 à 2 litres vaut mieux que plusieurs petits apports d’eau tout au long de la journée.
  • Les racines du chrysanthème restent proches de la surface et craignent l’excès d’humidité stagnante.

Le feuillage mouillé, un terrain idéal pour les champignons

Les guides de culture se rejoignent sur ce point : le chrysanthème est sensible aux maladies fongiques, et l’eau qui stagne sur les feuilles les aide à s’installer. Arroser le matin laisse aux éclaboussures le temps de sécher dans la journée. À l’inverse, un arrosage tardif laisse un feuillage humide pendant la nuit fraîche d’octobre.

Côté professionnels, les bulletins de santé du végétal « Horticulture et paysage » de la DRAAF Bourgogne-Franche-Comté parlent surtout de volume d’eau. Celui de septembre 2019 signale des cas croissants de verticilliose sous serre ou en champ, avec l’excès d’arrosage, les pots posés dans des trous d’eau et les sciarides comme causes de développement. Il demande de ne pas forcer sur l’eau par crainte de la chaleur. Les bulletins de septembre 2020 et 2021 recommandent de ralentir les arrosages, car les nuits et les journées fraîchissent et les plantes boivent moins. Le problème ne vient donc pas seulement du dessus : c’est aussi la quantité et le rythme.

Les racines du chrysanthème restent proches de la surface.

Au pied, mais pas trop souvent

Dans un pot ou une jardinière, le substrat sèche beaucoup plus vite qu’en pleine terre. Un guide de culture indique 2 à 3 fois par semaine en pot, davantage par temps chaud, contre 1 à 2 fois par semaine en pleine terre par temps sec. Plutôt que de suivre un calendrier, mieux vaut enfoncer le doigt dans le terreau : tant que les 2 à 3 premiers centimètres ne sont pas secs, on patiente.

Mieux vaut un arrosage copieux de 1 à 2 litres par pied en une seule fois que plusieurs petits verres d’eau. L’eau atteint ainsi la zone racinaire en profondeur. La soucoupe se vide ensuite, sinon la motte reste les pieds dans l’eau.

La plante signale elle-même ce qui ne va pas. Des feuilles ramollies qui pendent trahissent la soif, alors qu’un feuillage terne et une croissance ralentie indiquent un manque d’eau installé. Des tiges molles avec une teinte jaunâtre générale désignent au contraire l’excès d’humidité, souvent dû à des arrosages trop rapprochés. Les deux situations se ressemblent de loin, et c’est là que le test du doigt tranche.

Le pot acheté en grande surface, quelques réglages

Beaucoup de pots vendus pour la Toussaint finissent dans un cache-pot décoratif sans trou, où l’eau s’accumule. Il faut prévoir un contenant d’au moins 25 à 30 cm de diamètre, impérativement percé, rempli d’un terreau pour plantes fleuries qui garde de la fraîcheur sans rester gorgé d’eau. Si le cache-pot est inévitable, on y vérifie l’eau après chaque arrosage et on la vide.

Des billes d’argile au fond du contenant améliorent le drainage.

Les engrais laissent des sels dans le terreau, et la salinité fait partie des troubles que signalent les bulletins professionnels. Pour la réduire, on verse beaucoup d’eau d’un coup jusqu’à ce qu’elle s’écoule librement par le fond du bac. Ce rinçage, appelé lessivage, se pratique à l’occasion, et non à chaque arrosage.

Le chrysanthème de la Toussaint n’est pas jetable. C’est une vivace rustique qui peut refleurir pendant dix ans ou plus, à condition d’être replantée en pleine terre ou dans un grand pot.

Après la floraison, on rabat les tiges à une dizaine de centimètres et on met le pot hors gel, dans un local frais et lumineux. L’arrosage y est réduit au minimum, juste de quoi garder la motte légèrement humide.

Au printemps, une taille sera nécessaire. En juillet, au moment où se forment les boutons, un engrais riche en potasse favorise une floraison abondante et colorée. En été sec, l’arrosage au pied reste la règle, surtout en juillet et août.

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