Un rosier grimpant qui pousse à vive allure mais refuse de fleurir est rarement malade. Dans la majorité des cas, la taille, le palissage ou l’exposition sont en cause, et ces erreurs se corrigent en une ou deux saisons. Cinq coupables reviennent sans cesse, et le premier est souvent le sécateur.
- La taille d’un rosier non remontant doit intervenir après la floraison en juillet-août, jamais en février.
- Le palissage horizontal ou à 45° des charpentières déclenche l’apparition de rameaux fleuris tout le long de la tige.
- Le rosier grimpant exige six heures de soleil direct par jour pour fleurir abondamment.
- Un excès d’azote favorise le feuillage au détriment des fleurs, un engrais riche en potassium et phosphore est préférable.
Taille et palissage : les deux erreurs les plus fréquentes
Tout dépend du type de rosier. Les variétés remontantes fleurissent sur les rameaux de l’année, nés sur les branches latérales, alors que les variétés à floraison unique, dont beaucoup de rosiers lianes, fleurissent sur le bois de l’année précédente. Tailler court en février un rosier non remontant revient donc à couper les boutons avant qu’ils n’existent. Pour ces variétés, le sécateur passe juste après la floraison, en juillet ou août, pour retirer les plus vieilles tiges.
Pour un remontant, la taille se fait en fin d’hiver, entre février et mars. On raccourcit les rameaux latéraux à deux ou trois yeux et on supprime le bois mort, sans toucher aux charpentières, les grandes tiges de structure.
Le palissage compte autant. La sève monte vers l’extrémité des tiges dressées, qui s’allongent sans émettre de rameaux sur leur longueur. Incliner les charpentières à l’horizontale, ou à 45° au minimum, en les attachant sur un treillage ou des fils tendus, déclenche l’apparition de rameaux latéraux fleuris tout le long de la tige.
Cette opération se fait hors gel, entre novembre et février.
Lumière et nutrition : ce que la plante réclame
Le rosier veut six heures de soleil direct par jour, au minimum. Contre un mur nord ou sous un grand arbre, il étire ses tiges vers la lumière et produit beaucoup de feuilles pour peu de boutons. Une exposition est, ouest ou sud lui convient mieux, et une transplantation entre novembre et mars règle parfois le problème.
L’azote est le quatrième suspect, et il se cache souvent dans la pelouse. Un rosier planté en bordure de gazon reçoit une part de l’engrais du gazon, riche en azote, qui favorise le feuillage au détriment des fleurs. Un engrais pour rosiers ou pour plantes à fleurs apporte davantage de potassium et de phosphore, qui soutiennent la formation des boutons. Un purin de consoude dilué, riche en potassium, convient aussi à partir du printemps.
Le pied d’un mur ou d’une façade reste souvent sec, même après une averse, car le débord de toit et la maçonnerie arrêtent la pluie. Un arrosage copieux en période sèche, surtout au printemps pendant la formation des boutons, et un paillage de cinq à sept centimètres limitent le stress hydrique.
Jeunesse, racines et sol fatigué
Un rosier grimpant planté depuis moins de deux ou trois ans n’a souvent rien d’anormal. Il installe d’abord ses racines et sa charpente, et la première vraie floraison vient après. Les plants à racines nues, installés de novembre à mars, mettent fréquemment deux ans avant de fleurir abondamment.
Replanter un rosier à l’emplacement exact d’un ancien rosier expose à la fatigue du sol, qui freine le développement des racines. Il faut renouveler la terre sur environ cinquante centimètres de profondeur et de largeur, ou changer de place.
Les racines à l’étroit posent un autre problème. Un rosier grimpant demande une fosse d’au moins cinquante centimètres de profondeur, et une plantation à trente centimètres du mur pour que les racines ne restent pas dans la zone sèche. Les racines d’un arbre voisin captent aussi l’eau et les nutriments.
Les taches noires font tomber les feuilles dès juillet et épuisent la plante.
Le calendrier de rattrapage
Le rattrapage tient sur un calendrier simple. En février ou mars, on taille les remontants et on enfouit au pied un engrais riche en potassium. En mai, on arrose copieusement et on étale le paillage. Après la floraison d’un rosier non remontant, en juillet ou août, on supprime les plus vieilles tiges, puis on couche les nouvelles à l’horizontale à l’automne.
Une taille corrigée en février ne se verra qu’à la floraison de juin.
Reste une vérification à faire avant de blâmer la plante : le nom de la variété. Le rosier ‘Albéric Barbier’ ne fleurit qu’une fois, en juin, ce qui est normal, alors que ‘New Dawn’ refleurit jusqu’aux premières gelées.