Un bulbe d’amaryllis se plante dans un pot à peine plus large que lui, avec un tiers de sa hauteur hors du terreau, et il fleurit en général six à huit semaines plus tard. Ces trois chiffres suffisent à éviter la plupart des échecs, ceux des bulbes qui pourrissent comme ceux qui s’obstinent à ne produire que des feuilles.
- Le pot doit dépasser le bulbe de 2 à 3 cm de chaque côté, ni plus.
- Un tiers du bulbe reste hors du terreau, pointe vers le haut.
- Un seul arrosage copieux à la plantation, puis un arrosage toutes les une à deux semaines.
- La floraison arrive en 6 à 8 semaines dans une pièce entre 18 et 22 °C.
Le pot : plus étroit qu’on ne le croit
L’amaryllis (Hippeastrum, de son nom botanique, et non le véritable genre Amaryllis d’Afrique du Sud) aime être à l’étroit. Le bon réglage : un pot dont le diamètre dépasse celui du bulbe de 2 à 3 cm de chaque côté, pas davantage. Pour un bulbe de 10 cm de large, un contenant de 14 à 16 cm convient.
Un pot trop grand retient un volume de terreau que les racines n’exploitent pas, et l’humidité stagne autour du bulbe. C’est la cause numéro un de pourriture.
Le pot doit être percé. Privilégiez la terre cuite, plus lourde et plus stable : une hampe florale chargée de quatre fleurs peut dépasser 60 cm et renverser sans peine un contenant en plastique léger. Posez un lit de billes d’argile ou de tessons au fond, puis le substrat.
Côté terreau, un mélange drainant fait l’affaire : deux tiers de terreau pour plantes d’intérieur, un tiers de sable grossier ou de perlite. Évitez la terre de jardin pure, qui se tasse en pot.
La profondeur : un tiers hors de terre
Contrairement à la tulipe ou à la jacinthe d’extérieur, le bulbe d’amaryllis ne s’enterre pas entièrement. Les deux tiers inférieurs vont dans le terreau, le tiers supérieur, épaule comprise, reste à l’air libre.
Avant la plantation, donnez un coup d’œil aux racines. Si elles sont charnues et blanches ou brunes, conservez-les ; si certaines sont molles ou noircies, coupez-les au sécateur propre. Un bain de 2 à 12 heures dans de l’eau tiède, uniquement pour les racines, les réveille. Le bulbe lui-même ne doit pas tremper.
Tassez ensuite légèrement le terreau autour des racines, sans écraser.
Le sens compte : la pointe vers le haut, la base plate (le plateau racinaire) vers le bas. Un bulbe déjà muni d’un début de pousse verte se plante de la même façon, sans l’enterrer.
L’arrosage : modéré au départ, régulier ensuite
Un seul arrosage copieux à la plantation, puis presque rien. Tant que la hampe n’a pas atteint 5 à 10 cm, le bulbe puise dans ses réserves et les racines n’ont pas encore la capacité d’absorber beaucoup d’eau. Arroser trop tôt, c’est inviter les champignons.
Une fois la pousse partie, comptez un arrosage toutes les une à deux semaines, quand les deux ou trois premiers centimètres de terreau sont secs. En période de floraison, le rythme monte à une fois par semaine environ.
Versez l’eau sur le terreau, jamais sur le bulbe, et videz la soucoupe après vingt minutes.
L’engrais n’a aucune utilité avant la floraison. Un apport d’engrais riche en potasse, de type tomates, toutes les deux semaines après la chute des fleurs, nourrit en revanche le bulbe pour l’année suivante.
Le délai jusqu’à la floraison : 6 à 8 semaines, parfois moins
Placé dans une pièce entre 18 et 22 °C, près d’une fenêtre lumineuse, un bulbe de gros calibre (calibre 26/28 et au-delà) émet sa hampe en 2 à 4 semaines, puis ouvre ses fleurs 3 à 4 semaines plus tard. Un bulbe planté début novembre fleurit ainsi autour de Noël, ce qui explique son succès sur les tables de fêtes.
Les bulbes cirés, vendus sans terre ni arrosage nécessaire, jouent sur le même calendrier, mais ils s’épuisent : leur réserve ne leur permet généralement qu’une floraison.
La chaleur accélère le tout. Un radiateur à proximité du pot, en revanche, dessèche le terreau et abrège la durée des fleurs, qui tient normalement 3 à 4 semaines. Tournez le pot d’un quart de tour tous les deux ou trois jours pour que la hampe pousse droite plutôt que penchée vers la lumière.
Si rien ne bouge après dix semaines, le bulbe manque souvent de chaleur ou n’a pas été assez mûr à l’achat. Vérifiez qu’il reste ferme sous la pression du pouce.
Après la floraison, coupez la hampe au ras du bulbe, laissez les feuilles pousser tout l’été en pleine lumière, puis stoppez l’arrosage à l’automne pour un repos de huit à dix semaines au sec, autour de 10 à 13 °C. Ce cycle déclenche la floraison suivante, et un bulbe bien suivi peut refleurir pendant plus de dix ans.