Pélargonium à la tige noire à la base : pourriture du collet, comment sauver la plante par bouturage

Une tige de pélargonium noire à la base, molle au toucher, signe presque toujours une pourriture du collet. Le pied entier est rarement perdu : tant qu’il reste des tiges vertes et fermes plus haut, le bouturage permet de repartir avec un clone parfaitement identique de la plante malade.

À retenir
  • Une tige noire et molle à la base signale presque toujours une pourriture du collet.
  • Le pied entier est rarement perdu si des tiges vertes et fermes subsistent plus haut.
  • Un bouturage permet d’obtenir un clone identique de la plante malade.
  • Les boutures doivent sécher 24 à 48 heures avant d’être plantées.

Reconnaître la pourriture du collet avant qu’il ne soit trop tard

Le noircissement commence au ras du substrat. La tige perd sa fermeté, prend une consistance de gelée, et le noir remonte parfois de plusieurs centimètres en quelques jours.

Les feuilles basses jaunissent d’abord, puis le feuillage se flétrit alors que la terre est humide. Ce détail trompe beaucoup de jardiniers : on arrose davantage, croyant à une soif, et on accélère la pourriture.

Deux familles de coupables se partagent le dossier. Des champignons du sol comme Pythium ou Rhizoctonia attaquent la base de la tige, tandis que la bactérie Xanthomonas, responsable de la maladie des taches foliaires, peut aussi provoquer des flétrissements. Dans les deux cas, le terrain favorable est le même : substrat gorgé d’eau, pot sans drainage, air stagnant.

Le pélargonium est une plante d’Afrique du Sud, adaptée à des sols pauvres et secs. Ses tiges charnues stockent l’eau, ce qui les rend vulnérables à l’excès d’arrosage, surtout quand les nuits fraîches d’automne ralentissent la pousse et que la terre met des jours à sécher.

Un pied en pot sur une soucoupe pleine est le cas typique.

Diagnostiquer : sauver, ou sacrifier le pied mère

Sortez la plante du pot et inspectez les racines. Des racines blanches ou beige, fermes, indiquent que le mal est limité à la base. Des racines brunes, creuses, qui se détachent comme des fils mous, signalent un système racinaire fini.

Coupez ensuite la tige avec une lame propre pour vérifier sa section. Un cœur blanc-vert est sain, un cœur brun ou noir est contaminé. Remontez par tranches de deux centimètres jusqu’à trouver un tissu net.

Ce qui reste de sain, même ce n’est qu’une branche de dix centimètres, suffit pour faire des boutures. Le pied mère, lui, est à jeter : ne le compostez pas, car les agents pathogènes survivent dans les débris végétaux. Mettez-le aux ordures ménagères.

Le pot, s’il est réutilisé, doit être brossé puis trempé un quart d’heure dans de l’eau additionnée d’eau de Javel diluée, puis rincé abondamment. Le terreau, lui, part avec la plante.

Le bouturage pas à pas

Désinfectez d’abord le sécateur ou le couteau, à l’alcool à 70° par exemple. Un outil sale réinjecte la maladie dans la plaie fraîche.

Prélevez des tiges saines de 8 à 12 cm, de préférence non fleuries, en coupant juste sous un nœud, point où se concentrent les cellules capables de produire des racines. Retirez les feuilles du bas, ainsi que boutons et fleurs, pour que l’énergie aille à l’enracinement et non à la floraison. Gardez deux ou trois feuilles au sommet, que vous pouvez raccourcir de moitié si elles sont grandes.

Voici l’étape que beaucoup sautent : laisser les boutures sécher à l’air libre, à l’ombre, de 24 à 48 heures. La section forme alors un léger cal protecteur qui limite les infections. Les pélargoniums, tiges charnues, ne se bouturent jamais dans un verre d’eau, sous peine de voir la base pourrir à son tour.

Plantez dans un mélange très drainant : moitié terreau pour semis, moitié sable grossier ou perlite. Enfoncez la tige sur 3 à 4 cm dans un petit pot de 8 à 10 cm percé au fond, puis arrosez une seule fois, légèrement.

Placez le tout en lumière vive, sans soleil direct, vers 18 à 22 °C. Pas de sac plastique ni de cloche : l’humidité confinée est l’ennemie numéro un de cette espèce.

Arroser peu, patienter trois à six semaines

Attendez que le dessus du terreau soit sec sur un ou deux centimètres avant de remouiller. Un arrosage par semaine suffit souvent en intérieur durant l’hiver.

L’enracinement prend en général de trois à six semaines. Une nouvelle pousse au centre du bourgeon, ou une légère résistance quand on tire doucement sur la tige, confirme que les racines sont là.

Rempotez alors chaque bouture dans un pot de 10 à 12 cm avec un terreau pour géraniums, et pincez le sommet pour obtenir un port buissonnant.

Éviter la récidive

Le drainage fait toute la différence. Un pot sans trou, ou un cache-pot où stagne l’eau, ruine le travail de bouturage en quelques semaines. Videz toujours la soucoupe un quart d’heure après l’arrosage.

Arrosez au pied, sans mouiller le feuillage, et seulement quand le substrat est sec en surface. En hiver, la plante demande peu d’eau : un pot placé dans une pièce non chauffée, vers 8 à 12 °C, peut rester sec plusieurs semaines sans dommage.

Les boutures prélevées de fin d’été à début d’automne s’enracinent le mieux, car la plante est encore en pleine vigueur et les températures restent douces. Au printemps, une seconde fenêtre s’ouvre, de mars à mai.

Un dernier réflexe : bouturez par précaution chaque automne, même sur des pieds en bonne santé. Une plante mère de remplacement vaut mieux qu’un pot vide en février.