Hortensia bleu devenu rose : que faire pour retrouver le bleu

Un hortensia qui était bleu l’an dernier et fleurit rose cette année signale un sol devenu trop peu acide. Pour retrouver le bleu, il faut ramener le pH autour de 5 à 5,5 et rendre l’aluminium disponible pour les racines. Comptez une à deux saisons, pas quelques semaines.

Un pH de 6,5 ou plus verrouille l’aluminium, et le bleu s’efface.

À retenir
  • L’aluminium dissous dans un sol acide (pH 5-5,5) teinte les hortensias en bleu ; au-dessus de pH 6,5, il reste prisonnier et les fleurs deviennent roses.
  • L’eau du robinet calcaire (pH > 7) relève progressivement le pH du sol à chaque arrosage ; l’eau de pluie est naturellement douce et légèrement acide.
  • Le sulfate d’aluminium agit vite mais l’amendement du sol (terre de bruyère, paillage d’écorce de pin) acidifie durablement et le résultat apparaît sur la floraison suivante.

Ce que la couleur dit du sol

L’hortensia à grandes feuilles (Hydrangea macrophylla) fabrique un pigment dont la teinte change selon qu’il se lie ou non à l’aluminium. Dans un sol acide, l’aluminium se dissout et monte dans la plante : les sépales virent au bleu. Dans un sol neutre ou calcaire, il reste prisonnier de la terre et les fleurs tirent vers le rose. L’échelle de pH étant logarithmique, passer de 5,5 à 6,5 rend le sol dix fois moins acide, d’où des basculements parfois rapides après un apport de chaux ou un changement d’eau d’arrosage.

Les variétés blanches ne changent jamais de couleur, quelle que soit la terre. Les cultivars sélectionnés pour un rose franc, eux, ont tendance à ne virer qu’au mauve.

Mesurer avant de traiter

Un kit de mesure du pH, vendu en jardinerie, évite de traiter à l’aveugle. Prélevez de la terre à 10 cm de profondeur, à plusieurs endroits autour du pied. Au-dessus de 6, l’acidification s’impose ; sous 5, l’aluminium est déjà largement disponible et le problème vient d’ailleurs.

L’eau du robinet joue un rôle sous-estimé. Dans les régions calcaires, elle affiche souvent un pH supérieur à 7 et relève peu à peu celui du sol à chaque arrosage. L’eau de pluie, elle, est naturellement douce et légèrement acide. Une cuve de récupération au pied d’une gouttière suffit à changer la donne.

Les gestes qui ramènent le bleu

Le sulfate d’aluminium, vendu en jardinerie comme colorant bleu pour hortensias, agit vite. On le dissout dans l’eau d’arrosage, sur sol humide, en suivant la dose de l’emballage, dès la reprise de végétation au printemps puis à quelques reprises. Un surdosage brûle les racines : ne dépassez jamais la dose prescrite.

Pour agir sur la durée, mieux vaut amender le sol : terre de bruyère mélangée à la terre de plantation, paillage d’écorce de pin ou d’aiguilles de conifères sur 5 à 8 cm d’épaisseur. Ces matières s’acidifient en se décomposant et abaissent le pH lentement.

Préférez un engrais pauvre en phosphore, car celui-ci piège l’aluminium.

En pot, la partie est plus simple. Un substrat pour plantes de terre de bruyère, arrosé à l’eau de pluie, garde un pH stable sans grande intervention. Sur un sol franchement calcaire, c’est souvent la seule option fiable, car le calcaire neutralise chaque apport acidifiant en quelques mois. Un contenant de 40 à 50 cm de diamètre convient à un arbuste adulte, à rempoter tous les deux ou trois ans.

Patience, calendrier et fausses bonnes idées

Les fleurs déjà roses cette année le resteront.

Le résultat se voit sur la floraison de la saison suivante, parfois sur la deuxième si le sol était très calcaire. Octobre convient bien pour poser le paillage et incorporer la terre de bruyère, tant que la terre n’est pas gelée. Les arrosages au sulfate d’aluminium reprendront dès mars.

Le marc de café et le vinaigre circulent comme remèdes de grand-mère. Leur effet sur le pH est faible et éphémère, et le vinaigre peut perturber la vie du sol.

Un détail évite de s’alarmer pour rien : en fin d’été, les fleurs d’hortensia, même bien bleues, prennent naturellement des reflets verts, rouges ou vieux rose en vieillissant. Ce changement tient à l’âge des sépales et n’a rien à voir avec le pH. Mieux vaut juger la couleur en pleine floraison, entre juin et août.

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