Hiverner des géraniums sans serre : 3 méthodes qui marchent pour garder ses pélargoniums

Trois méthodes permettent de sauver ses pélargoniums sans serre ni véranda : les rentrer en pot dans une pièce claire et fraîche, les conserver à racines nues dans un local sombre, ou les bouturer avant les premiers froids. Chacune a ses exigences, et la bonne dépend surtout de la place dont on dispose. En ce 14 octobre, la fenêtre se referme vite.

Le calendrier est serré. Un pélargonium (le nom botanique de ce qu’on appelle couramment géranium sur un balcon) supporte mal le gel, et les dégâts commencent dès que le thermomètre passe sous 3 à 5 °C. Dans une bonne partie de la France, les premières gelées blanches arrivent entre fin octobre et mi-novembre, parfois plus tôt en altitude ou dans le nord-est.

À retenir
  • Un pélargonium gèle dès que la température passe sous 3 à 5 °C.
  • Le pot rentré demande 8 à 12 °C, une pièce claire et très peu d’eau.
  • La conservation à racines nues tient dans une cave saine entre 5 et 10 °C.
  • Le bouturage d’automne se fait de fin août à mi-octobre, en pot de 8 cm.

Méthode 1 : le pot rentré dans une pièce claire et fraîche

C’est la plus simple, et celle qui donne les plantes les plus belles au printemps. On déterrre ou on rentre les pots avant les gelées, on taille les tiges à environ la moitié, on retire les feuilles jaunies et les fleurs fanées. Ensuite, direction un endroit lumineux où la température reste entre 8 et 12 °C : cage d’escalier, véranda non chauffée, chambre d’amis où le radiateur reste éteint.

Le piège, c’est la chaleur.

Un salon à 21 °C pousse la plante à s’étioler, avec des tiges molles, pâles, qui cherchent la lumière et attirent les pucerons et les aleurodes. À cette température, il faut au contraire arroser très peu : un verre d’eau toutes les deux à trois semaines suffit, la motte doit simplement ne jamais sécher complètement. Un excès d’eau en hiver provoque la pourriture du collet, première cause de pertes chez les jardiniers amateurs. Les variétés zonales et lierres, les plus répandues, s’en accommodent bien, alors que les pélargoniums à grandes fleurs (dits « de Paris » ou pélargoniums grandiflorum) boudent parfois et ne refleurissent qu’après une vraie période de repos au frais.

Ce procédé demande de la place : compter un pot de 15 à 20 cm par pied, sur une surface proche d’une fenêtre. Pour une jardinière de dix plants, cela représente déjà une étagère entière.

Méthode 2 : la conservation à racines nues

Voilà la solution des petits logements et des grandes collections. Elle exploite le fait que le pélargonium est une plante succulente à tiges charnues, capable de passer l’hiver en dormance sans feuilles ni lumière. On arrache les pieds avant les gelées, on secoue la terre, on supprime presque tout le feuillage, puis on laisse ressuyer les racines une journée ou deux à l’abri.

Ensuite, deux options. On suspend les plantes la tête en bas, ou on les range dans des cartons ou des cagettes, enveloppées dans du papier journal ou calées dans un peu de terreau sec. Le local idéal affiche entre 5 et 10 °C, reste hors gel et sec : cave saine, garage attenant à la maison, cellier. Une humidité stagnante, elle, fait moisir les tiges en quelques semaines.

Tous les mois, un contrôle s’impose. On retire les parties ramollies ou grises, et on réhydrate légèrement en trempant les racines quelques minutes si les tiges se ratatinent comme un fruit sec. Début mars, on rempote dans un terreau neuf, on met à la lumière vers 15 à 18 °C, et on arrose avec parcimonie : les premières pousses vertes apparaissent en deux à quatre semaines.

Les pertes y sont plus élevées qu’avec la méthode précédente, souvent un pied sur quatre ou cinq selon les amateurs, mais le gain de place est spectaculaire. Vingt pieds tiennent dans deux caisses à pommes.

Méthode 3 : le bouturage d’automne

Garder la plante, ou seulement son patrimoine génétique ? Le bouturage tranche pour la seconde option, et c’est souvent la plus économique. À partir de fin août et jusqu’à la mi-octobre environ, on prélève des tiges saines de 8 à 10 cm, non fleuries, en coupant juste sous un nœud avec une lame propre. On ôte les feuilles du bas, on laisse cicatriser la coupe quelques heures, puis on plante dans un mélange pauvre : moitié terreau, moitié sable ou perlite.

Pas besoin d’hormone de bouturage, ni de sac plastique, qui favorise la pourriture sur ces plantes. Un pot posé sur un rebord de fenêtre lumineux, à 15-18 °C, et un arrosage léger suffisent pour que les racines se forment en trois à cinq semaines.

Une bouture occupe un pot de 8 cm. Dix boutures tiennent sur un rebord de fenêtre, là où un seul pied adulte aurait réclamé un grand bac.

Cette méthode a un autre intérêt : elle rajeunit les plants. Un pélargonium de quatre ou cinq ans se dégarnit à la base et devient ligneux, alors qu’une bouture de l’année fleurit dès le printemps suivant avec un port dense. Pour les variétés rares ou héritées d’un jardin familial, c’est aussi une assurance : on garde plusieurs exemplaires en cas d’échec sur le pied mère. Il est encore temps de s’y mettre ces prochains jours, à condition que les tiges ne soient pas déjà touchées par le froid.

Quelle méthode choisir selon son logement

Une cave saine et fraîche, quinze pieds à sauver et peu de temps ? Les racines nues. Une cage d’escalier lumineuse ou une véranda non chauffée ? Le pot rentré, avec des plantes qui peuvent même refleurir en fin d’hiver. Un petit appartement chauffé à 20 °C ? Les boutures, qui supportent mieux cette température que les pieds adultes.

Rien n’empêche de panacher. Beaucoup de jardiniers rentrent trois ou quatre pieds en pot, stockent les autres à nu et prélèvent des boutures de sécurité sur leurs variétés préférées. Les trois approches se complètent, et chacune compense les ratés des autres.

Avant de ranger, un dernier réflexe : inspecter chaque plante pour repérer pucerons, aleurodes et traces de rouille du pélargonium (taches brunes concentriques sous les feuilles). Une plante infestée contamine toute la collection en quelques semaines, et la rouille se traite mal une fois installée. Les pieds douteux se jettent aux ordures ménagères, jamais au compost.

Un détail pour finir : les pélargoniums lierre, aux tiges retombantes, tolèrent des températures hivernales un peu plus basses que les zonales, jusqu’à 3 ou 4 °C, ce qui en fait les meilleurs candidats pour un garage non chauffé.

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