Chrysanthème : définition, origine et culture de la fleur

Le chrysanthème est une plante herbacée vivace du genre Chrysanthemum, famille des astéracées, cultivée pour ses capitules floraux aux formes et aux couleurs presque illimitées. Son nom vient du grec chrysos (or) et anthemon (fleur), en référence aux premières variétés jaunes. Ce que la plupart des Français appellent chrysanthème, celui des pots vendus en octobre, est en réalité un hybride horticole, longtemps classé sous le nom Chrysanthemum × morifolium, aujourd’hui rattaché par les botanistes au genre Dendranthema ou, selon les classifications, à Chrysanthemum.

À retenir
  • Le chrysanthème est une plante vivace de la famille des astéracées, originaire d’Asie.
  • Sa floraison se déclenche lorsque la nuit dépasse environ 10 à 11 heures.
  • Le pincement de mai et juin provoque une ramification et des plants plus fleuris.
  • Le chrysanthème est toxique pour les chats et les chiens en cas d’ingestion.

Une fleur de 3 000 ans, venue d’Asie

Les premières traces de culture remontent à la Chine, au moins quinze siècles avant notre ère selon les textes anciens. On y cultivait la plante pour ses vertus supposées en infusion autant que pour sa beauté. Le Japon l’adopte vers le VIIIe siècle, et la famille impériale en fait son emblème : le trône du Chrysanthème désigne encore aujourd’hui la monarchie japonaise.

L’Europe la découvre tard. Les premiers plants arrivent en Hollande à la fin du XVIIe siècle, puis en France au début du XIXe siècle, et la sélection s’emballe. Les pépiniéristes en tirent aujourd’hui des milliers de cultivars.

La Toussaint a fait le reste. En France, la fleur est associée au 1er novembre, ce qui tient à une histoire récente : l’usage de fleurir les tombes de chrysanthèmes s’est installé après la Première Guerre mondiale, la plante étant l’une des rares à fleurir pleinement à cette saison. Ailleurs, en Italie ou au Japon, la symbolique varie, tantôt funéraire, tantôt joyeuse.

Dans l’imaginaire français, elle reste donc la fleur des cimetières.

Reconnaître un chrysanthème : botanique et familles

La plante forme une touffe de 30 à 120 cm de haut selon les variétés, avec des feuilles alternes, lobées, au parfum légèrement aromatique quand on les froisse. Ce qu’on prend pour une fleur est en fait une inflorescence, un capitule composé de petites fleurs. Au centre, les fleurons tubulés forment le disque ; autour, les fleurons en languette dessinent les pétales apparents. Cette architecture est celle de toute la famille, marguerites et tournesols compris.

Les horticulteurs classent les chrysanthèmes selon la forme de leur capitule. On distingue notamment les simples (type marguerite), les anémones (centre bombé), les pompons (boules compactes), les décoratifs (grosses fleurs à pétales imbriqués) et les formes en araignée, aux pétales tubulaires et pendants. Le coloris couvre le blanc, le jaune, l’orangé, le rouge, le rose et le violet, jamais le bleu.

On sépare aussi deux grands usages. Les chrysanthèmes de jardin, dits rustiques, repartent chaque printemps et supportent des gelées autour de -10 °C en sol drainé. Les chrysanthèmes à grosses fleurs, destinés à la coupe ou à la culture en pot, sont nettement plus frileux.

Autre subtilité de vocabulaire : le chrysanthème des fleuristes n’est pas celui de la cuisine asiatique. Le Glebionis coronarium, dit chrysanthème des jardins ou chrysanthème comestible, a des feuilles consommées en Chine, au Japon et en Corée, notamment en soupe.

Un cycle réglé par la longueur des jours

Le chrysanthème est une plante de jours courts. Sa floraison se déclenche quand la nuit dépasse environ 10 à 11 heures, ce qui explique sa floraison d’automne. Les producteurs en tirent parti : en occultant les plants avec des bâches noires, ils obtiennent des fleurs en pleine canicule ou à Noël.

Cette sensibilité a une conséquence directe au jardin. Un pied placé sous un lampadaire ou près d’une fenêtre éclairée toute la nuit peut refuser de fleurir, ou fleurir en retard.

Pour réussir la culture, trois gestes comptent. Le pincement, c’est-à-dire la suppression de l’extrémité des tiges en mai et juin, provoque une ramification et donne des plants denses couverts de fleurs. L’arrosage doit rester régulier sans détremper le pot, car les racines pourrissent vite. Enfin, un apport d’engrais riche en potasse au moment de la formation des boutons soutient la floraison.

Les pots achetés en octobre ont souvent été forcés, avec des doses de produits de croissance. Replantés en pleine terre, ils survivent rarement à leur premier hiver. Les variétés vendues comme rustiques, à planter au printemps, ont de bien meilleures chances.

Au jardin et dans le vase

En massif, le chrysanthème prolonge la saison quand les vivaces d’été s’éteignent. Il s’associe bien aux asters, aux sedums d’automne, aux graminées comme les Miscanthus et aux feuillages pourpres des heuchères. En pot sur une terrasse, il tient jusqu’aux premières fortes gelées.

En bouquet, c’est une fleur coupée robuste : elle se conserve couramment deux à trois semaines. Il suffit de retirer les feuilles immergées, de recouper la tige en biais et de changer l’eau tous les trois jours.

Côté santé du jardin, le chrysanthème attire pucerons, thrips et perce-oreilles, et craint l’oïdium ainsi que la rouille blanche, favorisée par l’humidité. Un espacement de 40 cm entre les pieds limite ces maladies. Le pyrèthre, insecticide naturel, est d’ailleurs extrait de fleurs voisines, Tanacetum cinerariifolium, ce qui vaut à la famille son rôle de protectrice des cultures.

Une dernière précision utile pour les propriétaires d’animaux : le chrysanthème est毒 toxique pour les chats et les chiens en cas d’ingestion, avec vomissements et salivation au programme.