Un massif qui marie arbustes et vivaces repose sur un principe simple : les arbustes dessinent la charpente, les vivaces comblent les vides et prennent le relais des floraisons. Les premiers restent en place douze mois sur douze, les secondes disparaissent en partie l’hiver. Planté maintenant, en ce début octobre, il profite d’un sol encore tiède et des pluies d’automne.
Les racines poussent tant que le sol reste au-dessus de 6 °C.
- Les arbustes tiennent la structure douze mois sur douze, les vivaces prennent le relais des floraisons.
- Espacez les arbustes selon leur largeur adulte, et plantez les vivaces par groupes de 3, 5 ou 7.
- Un paillage de 5 à 7 cm limite les adventices et garde l’humidité du sol.
Une charpente durable, un remplissage qui bouge
Un arbuste bien installé occupe sa place quinze à vingt ans, parfois bien plus pour un lilas ou un rosier ancien. Les vivaces se renouvellent plus vite : un aster ou une achillée demande à être divisé tous les trois à quatre ans, alors qu’une pivoine peut rester vingt ans sans qu’on la touche. Ce décalage de rythme fait tout l’intérêt du massif mixte. Diviser une touffe à la bêche prend dix minutes, déplacer un arbuste de dix ans demande deux personnes et une journée.
En hiver, ce sont les arbustes qui tiennent la scène : tiges rouges ou orangées du cornus, hamamélis en fleurs de janvier à mars, feuillage persistant et fleurs roses de la viorne tin. Les vivaces reprennent la main dès le printemps avec les hellébores, puis les géraniums vivaces, les népétas et les achillées, jusqu’aux asters d’octobre.
Une floraison étalée de février à novembre nourrit les pollinisateurs toute la saison.
Composer le massif étage par étage
On raisonne en trois niveaux. Au fond, ou au centre si le massif se voit des deux côtés, les arbustes de 1,5 à 2,5 m : weigelas, spirées, hortensia paniculé. Viennent ensuite les vivaces hautes (échinacées, phlox, rudbeckias), puis devant les basses comme l’alchémille, les heuchères ou les géraniums.
L’erreur classique tient à la distance. On espace deux arbustes d’une valeur proche de leur largeur adulte, pas de celle du pot : un weigela atteint facilement 1,5 m de diamètre, une spirée japonaise environ 1 m. Entre eux, les vivaces se plantent par groupes de 3, 5 ou 7 pieds, et la répétition des mêmes espèces à plusieurs endroits donne de la cohérence. Comptez 4 à 6 pieds au mètre carré pour les petites vivaces, 2 à 3 pour les grandes.
L’exposition décide du casting avant le goût. Plein soleil : lavande, sauge, achillée, sedum, buddleia. Mi-ombre : hortensia, hellébore, heuchère, anémone du Japon, avec rhododendrons et bruyères si le sol est acide.
Pour la couleur, deux ou trois teintes dominantes suffisent, complétées par du feuillage. Les teintes argentées (sauges, armoises), pourpres (physocarpus, heuchères) ou panachées (cornus) tiennent le massif quand les fleurs passent, et c’est ce qui fait la différence dès septembre. Les graminées, miscanthus ou stipas, ajoutent du mouvement et gardent leurs épis jusqu’en février.
Lavande et sauge détestent l’argile lourde et humide en hiver.
Planter et entretenir sans y passer ses week-ends
Avant de planter, on arrache à la racine les indésirables comme le chiendent et le liseron, dont un fragment de quelques centimètres suffit à repartir. On ameublit ensuite le sol sur 30 cm environ et on incorpore du compost mûr, à raison de 3 à 5 litres au mètre carré.
Le trou fait deux fois la largeur de la motte, mais pas plus de profondeur. On griffe les parois si elles sont lisses, pour que les racines puissent les traverser, et le collet reste au niveau du sol. Un tuteur n’est utile que pour les sujets de grande taille ou en situation ventée.
Un paillage de 5 à 7 cm (broyat, écorces, tontes séchées) limite les adventices et garde l’humidité. La première année, un arrosage copieux chaque semaine en période sèche vaut mieux que de petits apports quotidiens, qui font rester les racines en surface.
La taille obéit à la date de floraison. Les arbustes de printemps (forsythia, deutzia, weigela) se taillent juste après leur floraison, ceux d’été (buddleia, hortensia paniculé, spirée japonaise) en fin d’hiver, vers mars. Tailler un forsythia en février revient à supprimer les fleurs de l’année.
Côté vivaces, on laisse les tiges sèches de sedums, d’échinacées et de graminées jusqu’en mars : elles abritent des insectes et donnent du relief au givre. On coupe à 10 cm du sol à la sortie de l’hiver, puis on divise les touffes fatiguées (asters, achillées) tous les trois à quatre ans.
Quand le massif a cinq ans
Au bout de cinq ans, le massif n’a plus la même exposition. Les arbustes ont grandi, et le plein soleil des débuts devient de la mi-ombre pour les vivaces plantées à leurs pieds. Les échinacées s’étiolent et penchent vers la lumière, tandis que les heuchères et les hellébores, jusque-là timides, prennent leur essor.
Il suffit de déplacer les vivaces de soleil vers les bordures et de les remplacer par des plantes d’ombre : géraniums vivaces à larges feuilles, brunnera, pulmonaires. L’opération se fait à l’automne, en même temps que la division.
Pour un premier massif, 6 m² (2 m sur 3) suffisent : trois arbustes et une vingtaine de vivaces. Les arbustes à racines nues, vendus de novembre à mars, coûtent nettement moins cher que ceux en conteneur. Ils se plantent hors période de gel, dès que le sol est ressuyé.