Un iris qui perce en février, quand le jardin ressemble encore à un décor de film en noir et blanc, est presque toujours un iris à bulbe. Les iris réticulés (Iris reticulata) sortent parfois de la neige, ne dépassent pas 10 à 15 cm et portent des fleurs bleu violet barrées d’une tache orange. Leur bulbe se plante entre septembre et novembre, donc en ce moment.
Trois espèces bien choisies couvrent la période de février à juillet.
- Les iris réticulés percent la neige en février-mars, les iris de Hollande fleurissent en mai-juin à 50-60 cm, et les iris d’Angleterre prennent le relais en juin-juillet.
- Un sol bien drainé et un emplacement ensoleillé suffisent ; plantez à 8-10 cm de profondeur, espacés de 8-10 cm, entre septembre et décembre.
- Le feuillage doit rester six semaines après la floraison pour recharger le bulbe ; les iris de Hollande se détériorent après deux à trois ans et doivent être déterrés et conservés au sec.
Bulbe ou rhizome : deux plantes, deux gestes
L’iris des jardins que l’on connaît le mieux, l’Iris germanica, pousse à partir d’un rhizome, une tige charnue qui affleure à la surface du sol. Rien à voir avec le bulbe, enveloppé de tuniques et enterré à plusieurs centimètres. Chez les iris bulbeux, trois groupes dominent les catalogues. Les réticulés (avec leurs cousins danfordiae et histrioides) ouvrent le bal en fin d’hiver, les iris de Hollande, hybrides issus d’Iris xiphium, montent à 50 ou 60 cm en mai-juin, et les iris d’Angleterre (Iris latifolia) prennent le relais en juin-juillet.
Le nom « reticulata » renvoie à la tunique du bulbe, un filet de fibres brunes qui l’enveloppe comme une maille. Quant aux iris d’Angleterre, ils viennent en réalité des Pyrénées et du nord de l’Espagne, et supportent un sol plus frais que leurs cousins hollandais.
Planter avant les gels
Un sol bien drainé et un emplacement ensoleillé, voilà l’unique vraie exigence. Les iris bulbeux détestent l’eau stagnante en hiver, qui fait pourrir le bulbe avant même qu’il ait émis ses racines. Dans une terre lourde, on dépose au fond du trou 3 à 5 cm de sable grossier ou de gravillons.
Pour la profondeur, la règle courante donne trois fois la hauteur du bulbe, soit 8 à 10 cm pour les réticulés comme pour les iris de Hollande. On les espace de 8 à 10 cm, par groupes d’une dizaine, l’effet est bien plus net qu’en rang d’oignons. Les bulbes d’iris d’Angleterre, plus gros, réclament un peu plus de place. Au moment du tri, on écarte tout bulbe mou, moisi ou portant des taches noires sur la tunique, signe possible de la maladie de l’encre qui touche surtout les réticulés.
Une plantation en décembre reste possible tant que le sol n’est pas gelé.
Après la floraison : ce qui décide de l’année suivante
L’Iris danfordiae, jaune citron, est le plus capricieux du lot : après sa première floraison, son bulbe se fragmente souvent en petits bulbilles qui mettent deux à trois ans à refleurir. Le planter à 12-15 cm de profondeur limite le phénomène, mais beaucoup de jardiniers préfèrent le traiter en annuelle et le racheter chaque automne. Les réticulés, eux, se montrent plus fiables et peuvent se naturaliser dans une rocaille ou un talus sec.
Le feuillage reste en place jusqu’à son jaunissement complet, environ six semaines après la fleur, car il recharge le bulbe pour la saison suivante. Les iris de Hollande s’essoufflent souvent au bout de deux ou trois ans, on les déterre alors en juillet une fois les feuilles sèches, puis on les conserve dans du papier, au sec, jusqu’à l’automne.
Un bulbe d’iris supporte bien l’été sec, pas l’été détrempé.
Au pot et au vase
Les réticulés sont faits pour les pots et les jardinières, posés près de la porte où l’on profite du parfum de violette de certaines variétés. On remplit le contenant d’un mélange de terreau et de sable, on plante les bulbes presque jointifs, à quelques centimètres les uns des autres, et on arrose très peu en hiver. Associés à des crocus, des perce-neige ou des primevères, ils prolongent la séquence de fleurs d’une bonne quinzaine de jours. Les iris de Hollande, eux, comptent parmi les fleurs coupées les plus appréciées : tiges rigides, coloris bleu, jaune, blanc ou bicolore, et une tenue en vase de sept à dix jours si on les cueille au stade bouton déjà coloré.
Tous les iris sont toxiques en cas d’ingestion, bulbe en tête, pour les chiens et les chats comme pour les enfants. Des gants suffisent à la plantation pour éviter les irritations cutanées que le contact avec les bulbes peut provoquer chez les peaux sensibles.