Faut-il couper les fleurs fanées des hortensias en automne ? Le bon moment et le bon geste

Non, du moins pas pour les hortensias les plus répandus dans les jardins français. Les Hydrangea macrophylla, ceux des grosses boules roses ou bleues, ont déjà fabriqué leurs boutons floraux de 2027 à la fin de l’été. Un coup de sécateur en octobre les emporte avec les fleurs fanées.

Le sécateur peut attendre février.

À retenir
  • Les hortensias macrophylla ont déjà formé leurs boutons floraux de 2027 à la fin de l’été et fleurissent sur le bois de l’année précédente.
  • Les têtes fanées forment un parasol protégeant les bourgeons du gel et transforment leur couleur en nuances décoratives de vert antique et bordeaux.
  • La taille se pratique en février-mars, après les grands gels, en coupant 1 cm au-dessus de la première paire de gros bourgeons charnus.

Ce que ces têtes fanées font pour l’arbuste

Les hortensias à grandes feuilles et les serrata fleurissent sur le bois de l’année précédente. Leurs bourgeons se logent sous la tête florale, à l’aisselle des dernières feuilles, et passent l’hiver à découvert. Les corolles sèches forment un petit parasol qui limite l’impact direct du gel et du givre sur ces bourgeons fragiles. Un coup de froid tardif, en avril par exemple, fait moins de dégâts sur un arbuste resté coiffé.

L’argument décoratif n’est pas mince non plus. Dès septembre, les sépales quittent le rose ou le bleu pour des tons de vert antique, de rouge bordeaux et de parchemin, et ils restent en place jusqu’au printemps.

Ce qu’on peut faire en octobre

Octobre convient en revanche très bien pour récolter des fleurs séchées. Attendez que les sépales soient devenus souples puis papyracés au toucher, ce qui arrive en général entre fin septembre et la mi-octobre selon les régions. Posez ensuite les têtes dans un vase avec 3 ou 4 cm d’eau, qui s’évaporera seule, ou suspendez-les la tête en bas dans une pièce sèche.

Prélevez-en peu, et sur un arbuste bien fourni : une tige coupée long emporte aussi ses bourgeons de l’an prochain.

Le vrai travail d’automne se joue plutôt au pied de l’arbuste. Une couche de 10 cm de feuilles mortes, de broyat ou d’écorces protège des racines très superficielles. On évite tout apport d’engrais, qui stimulerait de jeunes pousses trop tendres pour affronter l’hiver. Dans les régions froides, un voile d’hivernage posé sur le feuillage dès les premières gelées complète la protection.

Le bon moment et le bon geste, de février à mars

La règle tient en une phrase : on taille quand les grands gels sont derrière soi. Cela donne février dans l’Ouest et sur la façade méditerranéenne, mars dans la moitié nord, et parfois la mi-avril en Alsace ou dans le Massif central.

Repérez sous chaque tête la première paire de gros bourgeons bien charnus, puis coupez environ 1 cm au-dessus, légèrement en biais. Utilisez un sécateur aiguisé et désinfecté à l’alcool, pour éviter de transporter des maladies d’un pied à l’autre. Les bourgeons sont d’abord verts et serrés, puis ils gonflent à l’approche du printemps, ce qui les rend faciles à distinguer.

Tous les deux ou trois ans, supprimez aussi à la base un tiers des tiges les plus vieilles, pour renouveler la touffe. Une branche suspecte se teste en grattant l’écorce : du vert dessous, elle est vivante, du brun sec, elle peut partir, de préférence en mai quand le reste du feuillage a démarré.

Paniculata, arborescens : les exceptions

Les hortensias paniculés pardonnent beaucoup plus.

Les paniculata et les arborescens (le célèbre ‘Annabelle’ en fait partie) fleurissent sur les pousses de l’année, donc une taille sévère ne compromet pas la floraison. Fin février ou mars, on raccourcit les paniculata d’un tiers à la moitié en laissant deux ou trois paires de bourgeons par branche, et les arborescens à 20 ou 30 cm du sol. Les variétés dites remontantes, qui fleurissent sur les deux types de bois, se contentent d’un simple nettoyage des têtes fanées.

Pour l’hortensia à feuilles de chêne (quercifolia) et l’hortensia grimpant, on s’en tient à retirer le bois mort et les branches qui gênent. Le reste se laisse tranquille.

Un hortensia qui refuse de fleurir depuis plusieurs années, alors qu’il est bien arrosé et planté à mi-ombre, a souvent subi une taille d’automne ou de début d’hiver. Il faut alors compter une saison entière sans toucher aux tiges pour qu’il reforme ses boutons.

Laisser un commentaire