Sous sa gouttière, un vieux tonneau récupère chaque averse. Et quand vient l’heure d’arroser ses pétunias, mon voisin n’ouvre jamais le robinet : il puise directement dans cette réserve. Ce n’est pas une question de facture d’eau, même si l’argument tient la route. C’est une question de survie pour ses fleurs, en pleine forme fin août quand celles des voisins commencent à tirer la langue.
À retenir
- Pourquoi l’eau du robinet tue lentement vos pétunias sans que vous le remarquiez
- Le geste de taille que personne ne fait et qui change tout à la mi-août
- Comment transformer une jardinière fatiguée en explosion florale en deux semaines
Ce que l’eau du robinet fait vraiment aux pétunias
L’eau qui coule de nos robinets est traitée pour être bue, pas pour nourrir des racines. L’eau du robinet étant potable, elle a déjà été traitée, mais elle peut être gorgée de chlore et de calcaire, qui peuvent s’avérer néfastes pour vos végétaux. Le chlore en particulier pose problème : il désinfecte l’eau pour nos usages domestiques, mais il ne fait pas la différence entre bactéries pathogènes et micro-organismes utiles du sol. L’eau du robinet est parfois traitée au chlore afin de tuer les bactéries et autres impuretés, mais ce chlore tue également les bactéries du sol qui sont absolument nécessaires, si bien que l’eau chlorée ne devrait pas être utilisée pour arroser les plantes.
Le calcaire n’est pas en reste. À force d’arrosages répétés à l’eau dure, les minéraux s’accumulent dans le terreau des jardinières, un espace confiné où ils n’ont nulle part où aller. L’eau du robinet contient souvent du calcaire et d’autres minéraux qui peuvent s’accumuler dans le sol, ce qui peut nuire à la croissance des plantes, et à long terme, le sol peut devenir salin et stérile. Pour des pétunias en pot, qui vivent dans un volume de terre limité renouvelé une seule fois par an, l’effet se voit vite : croissance ralentie, feuillage terne, floraison qui s’essouffle.
L’eau de pluie, elle, joue dans une autre catégorie. Contrairement à l’eau du robinet, souvent chargée en chlore et en calcaire, elle est douce et exempte de substances chimiques agressives, ce qui facilite l’absorption des nutriments par les racines et prévient les dépôts minéraux nocifs, avec un pH légèrement acide qui favorise la disponibilité de nutriments essentiels comme le fer et le manganèse. Un détail qui compte doublement pour les pétunias, plantes gourmandes s’il en est. Autre avantage, moins connu : l’eau de pluie, généralement à température ambiante, contient davantage d’oxygène, ce qui favorise une meilleure croissance. Un choc thermique en moins pour des racines déjà stressées par la chaleur de l’été.
Fin août : le moment charnière pour relancer la floraison
Si les jardinières du voisin sont encore généreuses à cette période, l’eau de pluie n’explique pas tout. Il y a aussi un geste que beaucoup de jardiniers amateurs négligent : la taille de relance. Passé la mi-août, les pétunias non taillés montrent des signes de fatigue. Le pétunia est la plante de jardinière la plus vendue en France au printemps, et pourtant l’une des plus souvent mal entretenues : fatigué, épuisé dès juillet, il finit en tiges filiformes avec quelques fleurs clairsemées, un scénario évitable avec trois gestes réguliers, arrosage copieux quotidien, engrais hebdomadaire et taille de relance mensuelle.
La coupe se fait sans complexe, même si la jardinière semble encore fournie. Il s’agit de couper d’un tiers à la moitié de la longueur de toutes les tiges en une seule fois, à la mi-juillet puis à la mi-août, en taillant au-dessus d’une feuille ou d’un bourgeon visible, puis d’apporter immédiatement après l’engrais potassique pour stimuler la reprise. Le résultat ne se fait pas attendre : rabattus de moitié, les pétunias redeviennent touffus et offrent une nouvelle floraison tout aussi luxuriante, se régénérant en l’espace de 14 jours. C’est exactement ce décalage de deux semaines qui explique pourquoi certaines jardinières explosent de fleurs fin août quand d’autres, jamais taillées, se contentent de trois pauvres corolles au bout de tiges dégarnies.
Les gestes à copier pour tenir jusqu’aux premières gelées
L’arrosage seul ne suffit pas à nourrir une plante aussi vorace. Les pétunias sont gourmands en nutriments : un engrais à libération lente incorporé lors de la plantation fournit une nutrition continue, tandis qu’un engrais liquide riche en potassium, appliqué toutes les 2 semaines, avec une formule NPK 15-30-15, favorise la floraison. Le potassium, justement, c’est la clé pour obtenir des fleurs plutôt qu’un feuillage envahissant : un apport trop riche en azote stimule la croissance du feuillage au détriment de la floraison pétunia.
Le pincement des fleurs fanées reste le geste le plus simple, et le plus souvent oublié. La suppression des fleurs fanées est indispensable pour stimuler la production de nouveaux boutons floraux, ce pincement empêchant la plante de consacrer de l’énergie à la production de graines. Deux minutes par jour, pas plus, mais répétées sans faille sur trois mois : c’est souvent la seule différence entre une jardinière qui s’essouffle en juillet et une autre qui tient bon jusqu’en octobre.
Reste la question du récipient. Pas besoin d’une cuve de plusieurs centaines de litres pour profiter du même bénéfice : en extérieur, on peut mettre en place une cuve reliée aux gouttières, équipée d’un filtre, dans des tailles allant de 100 à 500 litres, suffisantes pour l’arrosage des plantes. Un simple seau posé sous une descente de gouttière fait déjà l’affaire pour quelques jardinières. Seule réserve à connaître : dans les régions côtières, il est avisé de faire attention, car l’eau de pluie peut se charger de sel marin, nuisible pour de nombreuses espèces végétales. Et en ville, mieux vaut éviter de la récolter juste après un épisode de pollution atmosphérique marquée, le temps que l’air se dégage.
Sources : acturoubaix.fr | citerpack.com