Des fleurs de glaïeul striées d’argent, des boutons qui brunissent : le responsable s’appelle Thrips simplex, le thrips du glaïeul. Il mesure 1 à 2 mm de long et pique les cellules végétales pour se nourrir de leur contenu. Il passe l’hiver caché sur les cormes stockés, et une cave remplie de cormes en vrac, jamais triés, lui offre un abri parfait.
Planter ces cormes au printemps ramène le ravageur au jardin.
- Le thrips du glaïeul continue de se reproduire sur les cormes au-dessus de 10 °C, avec deux à trois générations par an.
- Quatre mois de stockage entre 2 et 4 °C suffisent à tuer complètement le thrips hivernant.
- Le tri des cormes abîmés, leur séchage et un brossage délicat sont les étapes essentielles avant un stockage frais et aéré.
Le vrai coupable n’est pas la cave
Les femelles insèrent leurs œufs minuscules dans les feuilles, les fleurs ou les cormes. Les cellules vidées par les piqûres prennent la couleur grise, puis argentée, caractéristique de ces attaques. Sur les cormes, la surface devient rugueuse, brun-gris, et les blessures font suinter la sève avant que le corme ne brunisse et ne devienne collant. Les feuilles qui émergent au printemps sont déjà argentées, ce qui trahit un corme contaminé.
C’est la température de stockage qui fait la différence. La Royal Horticultural Society indique que le thrips continue de se reproduire sur les cormes tant que la température reste au-dessus de 10 °C, avec deux ou trois générations par an, parfois davantage lors d’étés chauds.
Les stries d’argent correspondent au stade le moins grave. Lors d’attaques plus fortes, les pétales brunissent et les boutons ne s’ouvrent pas. Des épis entiers peuvent même ne jamais fleurir. Les cormes atteints se décolorent, se déforment, pourrissent facilement, et les plantes qu’ils produisent se développent mal.
Thrips ou virus : lire les stries
Les insectes sont rarement visibles à l’œil nu, mais une loupe permet de les repérer. De minuscules excréments noirs sur les feuilles trahissent aussi leur présence. Les feuilles se déforment, s’affaiblissent et sèchent prématurément.
Le virus de la mosaïque laisse lui aussi des stries, mais décolorées, et il est transmis par les pucerons. Contre lui, aucun traitement : on arrache et détruit les plants atteints, sans replanter de glaïeuls au même endroit pendant 3 ans.
Trier, sécher, brosser : le protocole d’automne
On arrache les glaïeuls dès que le feuillage jaunit, ou aux premières gelées : fin octobre ou début novembre dans une grande partie de la France. On écarte ensuite les cormes décolorés, déformés ou rugueux. Pour les autres, une piste citée consiste à les tremper dans de l’eau chaude, autour de 45 °C, pendant une demi-heure afin d’éliminer les thrips hivernants. Il ne faut pas arracher trop tôt non plus, car les plus gros cormes donneront une plus grosse inflorescence l’année suivante.
Quatre mois entre 2 et 4 °C suffisent à tuer le thrips.
Avant le séchage complet du corme, on coupe le feuillage et on l’élimine, de préférence en déchetterie verte, pour réduire le nombre de thrips hivernants. Les cormes sèchent ensuite une ou deux semaines dans un endroit bien aéré. Les cormillons, ces petits cormes de la taille d’un pois, peuvent être plantés en rang de pépinière, mais ne fleuriront qu’après deux ou trois ans.
Le lavage est à proscrire. L’eau s’infiltre dans les replis du corme et augmente le risque de pourriture, alors on laisse la terre sécher et on la brosse doucement. Des sacs en filet ou des caisses ajourées gardent les cormes au sec.
Visez 40 à 45 °F, soit 4 à 7 °C, pour le stockage.
Au printemps, on inspecte chaque corme une dernière fois avant de planter. Les plantations s’échelonnent de mars à juin, dès que les nuits dépassent régulièrement 0 °C, pour une floraison de juillet à septembre.
Si des stries apparaissent malgré tout, le savon noir ou l’huile de neem, appliqués de façon répétée dès les premiers signes, peuvent limiter les dégâts. Un traitement au pyrèthre se fait avant l’apparition de l’épi. Le thrips du glaïeul ne s’en prend d’ailleurs pas qu’aux glaïeuls : il infeste aussi amaryllis, bégonia, freesia, iris, lis et narcisse.
Sources : jardiner-autrement.fr | consultant-batiment.fr