Une tige de l’année, ni trop tendre ni déjà boisée, longue de 10 à 15 cm, coupée sous un nœud et plantée dans un mélange léger : c’est la base d’une bouture d’hortensia réussie à l’automne. Le calendrier, lui, est plus serré qu’en été.
- Une pousse de l’année, longue de 10 à 15 cm, est la tige à prélever.
- Un mélange à parts égales de terreau de semis et de perlite convient.
- La bouture d’automne reste possible jusqu’à la mi-octobre.
Quelle tige choisir sur le pied mère
Oubliez les branches qui viennent de fleurir et les vieux bois gris. Cherchez une pousse de l’année, saine, qui a durci à la base mais reste souple à la pointe. Le test du pliage tranche : une tige qui casse net est prête, une tige qui plie sans rompre est encore trop herbacée.
Prélevez de préférence sur un rameau sans bouton floral, ce qui est plus facile sur les Hydrangea macrophylla remontants ou sur les paniculata dont les fleurs sont passées. Un bourgeon à l’aisselle des feuilles, voilà ce qui fera partir la future ramification.
Coupez en biseau, juste sous une paire de feuilles, avec un sécateur désinfecté à l’alcool à 70°. Une lame sale transmet champignons et bactéries d’un pied à l’autre.
Gardez deux feuilles au sommet, que vous raccourcissez de moitié. Cette réduction limite la transpiration, alors que la tige n’a pas encore de racines pour compenser.
Les hortensias grimpants ou à feuilles de chêne se bouturent aussi, mais l’Hydrangea quercifolia reprend plus lentement et demande davantage de patience.
Le substrat : léger, drainant, pauvre
Un terreau de jardin tasse, retient l’eau et favorise la pourriture du collet. Les boutures veulent l’inverse : un milieu aéré qui laisse l’air circuler autour de la base. Un mélange à parts égales de terreau de semis et de perlite ou de sable grossier fait très bien l’affaire.
La tourbe blonde, longtemps la référence, est de moins en moins utilisée par les jardiniers soucieux de préserver les tourbières. Des fibres de coco ou de l’écorce compostée fine, mélangées à de la perlite, la remplacent sans perte de réussite.
Le substrat doit rester frais, jamais détrempé. Un pot de 9 cm de côté accueille trois à quatre boutures, disposées en périphérie.
Trempez la base dans une poudre d’hormone de bouturage, ou dans une décoction de saule (les jeunes rameaux, macérés quelques heures, contiennent de l’acide indolbutyrique naturel). Percez le trou au préalable avec un crayon pour ne pas arracher la poudre à l’enfoncement.
Le bon moment et les bonnes conditions
L’idéal se situe en fin d’été, mais la bouture d’automne reste possible jusqu’à la mi-octobre, tant que les tiges ne sont pas en dormance. Fin octobre, la fenêtre se referme : la sève ralentit, les racines tardent à se former.
Si vous partez tard, compensez par la chaleur douce. Une température de 15 à 20 °C au niveau du pot, une forte luminosité sans soleil direct, et une atmosphère humide grâce à un sac plastique transparent ou à une mini-serre.
Aérez chaque jour quelques minutes. Sans ce geste, la condensation s’installe et la moisissure grise (Botrytis) attaque en quelques jours les feuilles restantes.
Trois à six semaines. C’est le délai habituel pour que des racines apparaissent à l’air libre, parfois plus long à la saison froide.
Retirez sans hésiter toute feuille qui jaunit ou noircit, elle contamine ses voisines. Arrosez par le bas, en posant le pot dans une soucoupe pendant dix minutes.
Quand et comment repiquer
Le signe qui ne trompe pas : de nouvelles feuilles apparaissent au sommet, et des racines blanches dépassent des trous de drainage. Tirer doucement sur la tige donne une indication, une légère résistance prouve l’ancrage. Ne déterrez jamais la bouture pour vérifier, cela casse les radicelles fraîches.
Le repiquage se fait en godets individuels de 8 à 10 cm, dans un terreau plus riche, de type terreau horticole de rempotage, allégé d’un tiers de perlite. Les hortensias aiment un sol légèrement acide, autour de pH 5,5 à 6,5, ce qui convient à un terreau pour plantes de terre de bruyère.
Gardez les jeunes plants à l’abri du gel tout l’hiver, dans une véranda, un châssis froid ou une pièce lumineuse non chauffée. Un gel à -5 °C suffit à tuer un plant non acclimaté, alors que le pied mère l’encaisse sans broncher.
Plantez en pleine terre au printemps, une fois les gelées tardives passées, vers la mi-mai dans la plupart des régions. Les premières fleurs viennent généralement la deuxième ou la troisième année, rarement dès la première.
Pour une haie ou un massif, comptez environ un plant par mètre linéaire, à une exposition mi-ombragée. Un pied mère de taille moyenne peut fournir une dizaine de boutures sans souffrir, à condition de ne pas dépasser le tiers de ses jeunes pousses.
Le coût d’une opération complète tient en un sécateur, un sachet de perlite et quelques pots. Une hortensia adulte en jardinerie se vend, elle, souvent entre 15 et 30 euros.