Cyclamen avec des feuilles jaunes : que faire selon la cause (chaleur, arrosage, repos)

Un cyclamen aux feuilles jaunes réclame presque toujours l’une de ces trois corrections : de la fraîcheur, un arrosage par le dessous ou du repos. Le calendrier et la façon dont le jaune apparaît suffisent à trancher. Une plante qui jaunit en octobre, en pleine montée de boutons, n’a pas le même souci qu’une autre qui s’éteint en mai.

À retenir
  • Le cyclamen souffre dès 18-20 °C et jaunit en salon chauffé ; déplacez-le en pièce fraîche entre 10 et 15 °C
  • L’excès d’eau pourrit le tubercule ; arrosez toujours par le dessous en laissant le terreau s’imbiber 20 minutes
  • Le jaunissement d’avril à juin est normal, c’est la dormance estivale du cyclamen méditerranéen

La chaleur, premier suspect pendant la floraison

Le cyclamen de fleuriste (Cyclamen persicum) vient du pourtour de la Méditerranée orientale, où il fleurit durant des hivers doux et humides. Il se plaît entre 10 et 15 °C et commence à souffrir dès que le thermomètre dépasse 18 à 20 °C. Un salon chauffé à 22 °C, un rebord de fenêtre au-dessus d’un radiateur ou une véranda ensoleillée en début d’automne font jaunir les feuilles une à une, puis flétrir les boutons. À 15 °C, en revanche, la floraison peut courir jusqu’au printemps.

Déplacez le pot dans la pièce la plus fraîche, près d’une fenêtre lumineuse mais à l’abri du soleil direct. Une entrée, un palier ou une chambre non chauffée font très bien l’affaire.

Sous 0 °C, en revanche, le cyclamen de fleuriste est perdu.

Arrosage : l’excès fait plus de dégâts que la soif

Des feuilles jaunes et molles dans un terreau détrempé signalent presque toujours un excès d’eau. Le tubercule, à moitié sorti de terre, pourrit dès que l’eau stagne à son contact, et la pourriture grise (Botrytis) gagne ensuite les pétioles. Les tiges s’affaissent alors en bloc, parfois en une nuit.

Un tubercule mou, qui sent la moisissure, est généralement condamné.

La méthode fiable : arroser par le dessous. Versez de l’eau à température ambiante dans la soucoupe, laissez le terreau s’imbiber une vingtaine de minutes, puis videz ce qui reste. Le tubercule et le cœur de la plante demeurent ainsi au sec. En pièce fraîche, un passage tous les trois à cinq jours suffit, à ajuster en touchant d’abord la surface du terreau.

L’inverse existe aussi : un substrat sec comme de la poussière fait s’effondrer le feuillage et jaunir les bords. Plongez le pot une demi-heure dans un seau d’eau, puis laissez-le égoutter, et la plante se redresse souvent dans la journée.

Les feuilles jaunies s’arrachent d’une torsion franche à la base du pétiole, jamais aux ciseaux, car un moignon laissé en place pourrit. Un engrais pour plantes à fleurs, dilué, tous les quinze jours pendant la floraison, suffit largement. Au-delà, les sels s’accumulent dans le pot et brûlent les racines.

Le repos estival : quand le jaune est normal

Entre avril et juin, après la dernière fleur, le jaunissement n’a rien d’une maladie. Le cyclamen entre en dormance, un réflexe hérité d’étés méditerranéens chauds et secs, et vit sur les réserves de son tubercule pendant deux à trois mois. Le feuillage disparaît entièrement. Beaucoup de plantes finissent à la poubelle à ce moment-là, alors que le tubercule est bien vivant.

Espacez les arrosages dès que le feuillage jaunit, puis arrêtez-les. Rangez le pot à l’ombre, dans un endroit frais et aéré, comme un balcon abrité de la pluie ou une cave claire. Le terreau doit rester sec jusqu’à la reprise.

Une fois les feuilles sèches, retirez-les et ne touchez plus à rien.

Fin août ou en septembre, dès que de petites pousses pointent, rempotez dans un terreau neuf et drainant, en laissant le haut du tubercule à l’air libre. Reprenez l’arrosage par la soucoupe, très modérément au début. Si votre tubercule dort encore dans un coin en ce début octobre, c’est le moment de le sortir : la floraison revient en général à l’automne ou au début de l’hiver.

Quand ni la chaleur ni l’eau ne sont en cause

Un jaunissement d’un seul côté de la plante, avec des pétioles qui brunissent, évoque la fusariose, un champignon du sol qui obstrue les vaisseaux et ne se soigne pas. Des feuilles recroquevillées, jaunâtres et des boutons déformés trahissent plutôt le tarsonème, un acarien microscopique qui se plaît dans la chaleur et l’humidité. Les larves d’otiorhynque, elles, grignotent le tubercule par en dessous, et la plante lâche d’un coup quand on la soulève. Dans ces trois cas, isolez le pot des autres plantes et jetez-le avec le terreau, sans le vider au jardin.

Les cyclamens de jardin, Cyclamen hederifolium et Cyclamen coum, suivent un autre rythme. Le premier développe ses feuilles à l’automne et les perd en fin de printemps, tout en encaissant des gels sévères que son cousin de fleuriste ne supporte pas.

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