« Je pensais que les feuilles tombées nourriraient mon rosier tout l’hiver » : pourquoi les taches noires sont revenues dès les premières pousses du printemps

À retenir
  • Le champignon Diplocarpon rosae hiverne sur les feuilles tombées et se propage par le vent au printemps.
  • Les taches noires apparaissent d’abord en bas du rosier, où les feuilles sont les plus proches du sol contaminé.
  • Ramasser les feuilles infectées et pulvériser du purin de prêle toutes les trois semaines limite efficacement la maladie.

Un tapis de spores, pas un engrais

Les taches noires du printemps viennent du tapis de feuilles que vous aviez laissé au pied du rosier. La Royal Horticultural Society confirme que le champignon passe l’hiver sur les feuilles tombées et se propage par le vent au printemps suivant. Il se loge aussi dans les feuilles infectées et les tiges atteintes, sous forme de mycélium et de spores, ce qui explique qu’un sol nettoyé ne suffise pas toujours.

Aucune feuille tachée ne devrait finir sous un rosier.

L’erreur est naturelle : en forêt, les feuilles mortes se décomposent sur place et nourrissent le sol. Au jardin, le champignon Diplocarpon rosae profite du même tapis. Au printemps, par temps humide, ses spores sont emportées par le vent et les éclaboussures de pluie vers les jeunes feuilles en train de sortir.

Ce que le printemps déclenche

Le printemps est la saison où la maladie se développe le plus, avec des journées douces, des nuits fraîches et des pluies. Sur la feuille, les taches noires sont circulaires, au bord perforé, et peuvent atteindre 14 mm de diamètre. Sur un rosier très touché, elles fusionnent en une grande plage noire. Puis la feuille jaunit et tombe, et le défeuillage de toute la plante en fin de saison l’affaiblit.

Surveillez le bas du buisson dès avril.

Les premiers symptômes apparaissent surtout en bas de l’arbuste, là où les feuilles sont les plus proches du sol contaminé. Si rien n’est fait, certaines tiges peuvent être touchées à leur tour, avec un affaiblissement progressif. Au printemps, les jardineries conseillent de rabattre les tiges qui présentent des lésions.

Ramasser, traiter, arroser autrement

Nous sommes début octobre, les feuilles commencent à tomber : c’est le moment d’installer la routine. Ramassez-les au fil de la saison et sortez-les du jardin, sans les verser au compost quand elles sont très atteintes.

Un jardinier gallois relayé par WalesOnline pousse la logique : retirer toutes les feuilles touchées, même si cela signifie défolier complètement la plante. Côté traitement, la bouillie bordelaise se prépare à 12,5 g de poudre par litre d’eau et se pulvérise sur le feuillage, face et revers, puis on renouvelle au bout de trois semaines. En préventif, le purin de prêle dilué à 10 % se pulvérise toutes les trois semaines, de mai à septembre. Le calendrier compte, car une fois la maladie installée, il est difficile de la stopper.

Le cuivre s’accumule dans le sol.

On l’emploie sans excès, en suivant les instructions, et on arrête les pulvérisations pendant les périodes chaudes. Le purin d’ortie, souvent proposé, n’est pas un fongicide : c’est un engrais foliaire qui apporte de l’azote et rend les rosiers plus fragiles. Quant à l’arrosage, il se fait au pied, de préférence le matin, pour que le feuillage sèche vite.

Pour un futur achat, les variétés portant le label ADR sont réputées robustes face aux maladies. Et si vos rosiers ont été touchés cette année, Terre Vivante recommande un traitement préventif au purin de prêle toutes les trois semaines, efficace aussi contre l’oïdium et la rouille.

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