Une véranda chauffée à 18-20 °C est un piège pour les géraniums : la plante continue de végéter, s’étiole et s’affaiblit. Le réflexe de protection part pourtant d’une bonne intention.
Gélif, le pélargonium ne tolère aucune température sous 0 °C.
- Une véranda chauffée à 18-20 °C affaiblit les géraniums qui s’étiolent faute de lumière hivernale
- La plage de température idéale pour l’hivernage se situe entre 5 et 12 °C, hors gel
- Les racines nues enrobées de tourbe humide se conservent sans arrosage et libèrent de la place
Le confort de la véranda ne convient pas à un pélargonium
Un point de vocabulaire d’abord. Le géranium de balcon, zonal ou lierre, est botaniquement un Pelargonium. Les géraniums vivaces (Geranium) sont parfaitement rustiques et ne demandent aucun soin hivernal particulier. Les pélargoniums doivent être protégés dès que les nuits descendent durablement sous 5 °C.
Que reproche-t-on alors à la véranda ? Pas la véranda elle-même, mais sa température. Une véranda non chauffée figure parmi les lieux d’hivernage recommandés, et elle convient tant que les nuits ne passent pas sous 3-4 °C. Dans une pièce tiédie, la plante garde un feuillage vert mais mou, maigre en lumière hivernale, et elle s’épuise avant le printemps. Les jardiniers qui la placent au frais la voient au contraire entrer en repos.
La plage à viser se situe entre 5 et 12 °C, hors gel.
Les racines nues : la méthode qui fait gagner de la place
Beaucoup de jardiniers et de pépiniéristes pratiquent cette technique d’ancienne mode. Vers la mi-octobre, avant les premières gelées, on déterre les pieds et on secoue la terre pour retirer le maximum de substrat autour des racines. Les tiges sont rabattues à 10 cm et le feuillage est supprimé. Un séchage de 24 heures à l’air libre précède le rangement.
Reste à les emballer. On enveloppe les racines de tourbe à peine humide, assez pour qu’elles ne se dessèchent pas, pas assez pour que la plante reparte en végétation. Le tout est entouré de papier journal et ficelé. On peut aussi suspendre les plantes tête en bas dans un endroit frais et obscur, comme une cave saine, ce qui fait redescendre la sève vers les tiges principales. Ceux qui préfèrent les caisses y rangent les pieds racines vers le haut, sans les serrer.
Côté arrosage, la consigne est radicale : on n’arrose pas du tout. Il suffit de surveiller l’apparition de moisissures et de couper aussitôt toute partie touchée par la pourriture noire.
La plante aura l’air sèche tout l’hiver, et c’est normal.
En pot ou à nu : le choix dépend de votre espace
La version en pot reste la plus simple pour quelques sujets. On taille à 15-20 cm, ce qui fait perdre environ 70 % du volume, et cette coupe réduit l’évaporation et le risque de pourriture. Les consignes d’arrosage varient selon les sources : un arrosage tous les 15 jours pour l’une, un arrosage léger toutes les trois à quatre semaines pour l’autre. Dans les deux cas, le substrat doit rester à peine humide et l’engrais est exclu.
Les racines nues libèrent surtout de la place. Une caisse remplace vingt pots, et la cave n’est possible que pour cette méthode. En pot, une cave aveugle est proscrite, car la plante a besoin de lumière.
Le retour au jardin demande autant de soin que le départ. Au printemps, les plantes sont rempotées dans un terreau neuf, et elles repartent vigoureusement. Il ne faut pas se précipiter, car une simple gelée tardive en avril peut anéantir tout le travail d’hivernage.
Si vos géraniums sont déjà installés dans une véranda chauffée, rien n’est perdu. Rabattez-les à 10-15 cm, retirez les feuilles abîmées et déplacez-les dans la pièce la plus fraîche de la maison, en vérifiant de temps en temps leur état sanitaire.
Source : jardinerfacile.fr