Fleurs bleues vivaces : les meilleures variétés pour un jardin durable

Pour avoir du bleu au jardin chaque année sans resemer, quelques vivaces suffisent : le géranium vivace ‘Rozanne’, la népéta et la sauge des bois au soleil, le delphinium et l’agapanthe pour la hauteur, le brunnera et la pulmonaire à l’ombre, le cératostigma et l’aster pour l’automne. En les associant, le massif reste bleu de mars à octobre. Le tableau ci-dessous donne pour chacune son nom latin, sa hauteur, sa floraison, son exposition et le froid qu’elle supporte.

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Fleurs bleues vivaces : le tableau des variétés

Vivace bleueNom latinHauteurFloraisonExpositionRusticité
PulmonairePulmonaria20 à 30 cmmars à maimi-ombre à ombre, sol frais−5 à −20 °C selon la variété
Myosotis du CaucaseBrunnera macrophylla30 à 45 cmavril-maimi-ombre, sol frais−10 à −20 °C selon la variété
Iris de SibérieIris sibirica50 cm à 1 mmai-juinsoleil à mi-ombre, sol frais ou humidesous −20 °C
Népéta, herbe aux chatsNepeta × faassenii30 à 60 cmmai à septembresoleil, sol drainé, secsous −20 °C
Delphinium, pied-d’alouetteDelphinium elatum1 à 2 mjuin-juillet, parfois septembresoleil, sol riche et drainé−10 à −20 °C
Campanule à feuilles de pêcherCampanula persicifolia60 à 90 cmjuin à aoûtsoleil à mi-ombresous −20 °C (variétés notées)
Géranium vivace ‘Rozanne’Geranium ‘Gerwat’50 à 60 cmjuin à octobresoleil à mi-ombresous −20 °C
Sauge des boisSalvia nemorosa40 à 60 cmjuin à septembresoleil, sol drainésous −20 °C
Véronique en épiVeronica spicata30 à 60 cmjuin à aoûtsoleil, sol drainé, supporte le sec−5 à −10 °C
Agapanthe à feuillage caducAgapanthus50 cm à 1 mjuillet à septembreplein soleil−5 à −15 °C selon la variété
Boule azuréeEchinops ritro50 cm à 1 mjuillet à septembreplein soleil, sol pauvresous −20 °C
Panicaut bleuEryngium planum50 cm à 1 mjuillet-aoûtplein soleil, sol sec−10 à −15 °C
Sauge de RussieSalvia yangii (ex-Perovskia)50 cm à 1,5 maoût à octobreplein soleil, sol drainé−5 à −15 °C selon la variété
Dentelaire, plumbago rustiqueCeratostigma plumbaginoides10 à 50 cmseptembre-octobresoleil, abrité−10 à −15 °C
Aster bleu d’automneSymphyotrichum novi-belgii60 cm à 1,2 mseptembre-octobresoleil−15 à −20 °C (variétés notées)

La rusticité reprend l’échelle de la Société royale d’horticulture britannique (RHS), mesurée pour une plante installée, en sol qui ne reste pas détrempé l’hiver. Elle varie d’une variété à l’autre : vérifiez l’étiquette avant d’acheter, surtout pour l’agapanthe et la sauge de Russie.

Fleurs bleues vivaces hautes : delphinium, agapanthe, iris

Les grandes vivaces bleues qui structurent un massif

Le delphinium, ou pied-d’alouette, donne les plus hautes hampes de cette liste : 1 à 2 mètres selon les variétés. Il demande un sol riche et bien drainé, un tuteur posé tôt au printemps, avant que les tiges ne se couchent, et une protection contre les limaces, qui dévorent les jeunes pousses (voir protéger les vivaces des limaces). Coupez les hampes fanées après la floraison de juin : une seconde floraison, plus courte, suit souvent en fin d’été.

L’agapanthe déploie ses boules de fleurs bleues de juillet à septembre. Les variétés à feuillage caduc, qui perdent leurs feuilles l’hiver, sont en général les plus résistantes au froid ; les persistantes se cultivent plutôt en pot, rentré l’hiver hors des régions douces. Si la vôtre fait des feuilles mais pas de fleurs, voyez pourquoi une agapanthe ne fleurit pas.

L’iris de Sibérie (Iris sibirica) fleurit en mai-juin et, contrairement à l’iris des jardins qui veut un sol bien drainé, il accepte une terre fraîche, voire humide : c’est la vivace bleue des bords de bassin. La campanule à feuilles de pêcher complète le fond du massif à hauteur moyenne et se ressème d’elle-même. Pour composer l’arrière d’un massif, voyez aussi les grandes vivaces de fond de massif.

Le delphinium est toxique s’il est mangé, comme l’aconit napel, autre grande vivace bleu-violet, beaucoup plus toxique : l’Anses rapporte le décès en 2018 d’un randonneur qui avait confondu ses feuilles avec une salade sauvage. Taillez-les avec des gants. Avec de jeunes enfants ou des animaux, préférez la népéta, la sauge ou le géranium vivace.

Fleurs bleues vivaces plein soleil et sol sec

La népéta (Nepeta × faassenii), ou herbe aux chats, forme des touffes grises et parfumées qui fleurissent en bleu lavande de mai à septembre. Rabattue après la première floraison, elle refleurit. Elle supporte bien le sec une fois installée et attire les abeilles. Seul défaut : les chats s’y roulent et peuvent aplatir une bordure.

La sauge des bois (Salvia nemorosa) donne des épis violet-bleu de juin à septembre ; coupée à mi-hauteur après la première vague, elle refleurit en août. La sauge de Russie prend le relais d’août à octobre avec ses tiges argentées. C’est un petit arbuste, qu’on rabat à 20 ou 30 cm au printemps comme une vivace.

La boule azurée (Echinops ritro) et le panicaut bleu (Eryngium planum) aiment les sols pauvres et secs, en plein soleil. Leurs fleurs bleu métallique de plein été attirent bourdons et abeilles et se font sécher pour les bouquets. L’échinops a une racine profonde : choisissez sa place une fois pour toutes. La véronique en épi (Veronica spicata), plus basse, supporte aussi le sec, mais craint les hivers très froids et humides.

Fleurs bleues vivaces couvre-sol

Le géranium vivace ‘Rozanne’ forme un tapis de 50 à 60 cm de haut, fleurit de juin à octobre et étouffe les mauvaises herbes à ses pieds. Il a été élu « plante du centenaire » au Chelsea Flower Show 2013 par un vote du public, selon la RHS. Coupez les tiges défleuries au cours de l’été pour relancer feuilles et fleurs.

Plus bas, le cératostigma (Ceratostigma plumbaginoides) tapisse le sol en fin de saison : fleurs bleu vif en septembre-octobre, feuillage qui rougit à l’automne. Au printemps, l’aubriète et le phlox mousse couvrent talus et murets en bleu-violet ; à l’ombre, la pervenche (Vinca minor) et la bugle rampante (Ajuga reptans) font un tapis bleu en avril-mai, mais s’étendent vite. D’autres idées dans les vivaces couvre-sol fleuries.

Fleurs bleues vivaces pour l’ombre et la mi-ombre

Le myosotis du Caucase (Brunnera macrophylla) éclaire les coins ombragés dès avril avec de petites fleurs bleu ciel au-dessus de grandes feuilles en cœur. La pulmonaire fleurit plus tôt encore, dès mars, avec des fleurs qui passent du rose au bleu en vieillissant. Toutes deux veulent un sol frais, riche en humus : sous de grands arbres où la terre se dessèche l’été, paillez-les bien.

Le pavot bleu de l’Himalaya (Meconopsis) fait rêver pour son bleu ciel, mais il réclame un sol acide, frais en permanence, et supporte mal les étés chauds. Dans le Sud et les plaines chaudes, mieux vaut y renoncer.

Vivace bleue à longue floraison

Le géranium ‘Rozanne’ fleurit sans interruption de juin à octobre. La népéta (mai à septembre) et la sauge des bois (juin à septembre) tiennent aussi longtemps, à condition de les rabattre après la première floraison (voir tailler les vivaces après la floraison). Aucune autre ne tient seule toute la saison : pour du bleu de mars à octobre, on enchaîne pulmonaire en mars, brunnera en avril, iris en mai, delphinium et campanule en juin, agapanthe et échinops en juillet, sauge de Russie en août, aster et cératostigma en septembre-octobre. D’autres vivaces à fleurs durables, toutes couleurs, dans les vivaces à floraison longue.

Planter des vivaces bleues : quand et dans quel sol

Plantez en automne, de septembre à novembre, pour que les racines s’installent avant l’été ; une plantation au printemps reste possible, mais demande des arrosages réguliers la première saison. La plupart de ces vivaces craignent l’eau qui stagne l’hiver, l’iris de Sibérie excepté : dans une terre argileuse, ajoutez du gravier ou du sable grossier et plantez en légère butte la népéta, la sauge de Russie, l’échinops et le panicaut. Les agapanthes et les sauges de Russie limites en rusticité passent mieux l’hiver sous un paillis (voir pailler les vivaces en hiver).

Le bleu ressort mieux à côté du blanc, du jaune pâle ou du rose pâle qu’à côté d’un feuillage sombre : de la népéta au pied de rosiers blancs, des échinops devant des achillées jaunes. Quant à l’hortensia, souvent cité pour son bleu, c’est un arbuste et non une vivace : il ne reste bleu qu’en sol acide, où il trouve de l’aluminium. Pour comprendre pourquoi le bleu est si rare chez les plantes, voyez pourquoi les fleurs bleues sont rares dans la nature ; et pour des bleus d’une saison, les fleurs annuelles bleues.